En Iran, la répression s’intensifie alors que la situation économique se dégrade

Depuis le début du conflit en Iran, la situation ne cesse de se détériorer, tant sur le plan des droits humains que sur celui de l’économie. Ce constat amer est partagé par des Iraniens réfugiés en France, qui vivent avec l’inquiétude de l’instabilité qui touche leur pays d’origine. Parmi eux, Taghi et Manijeh, un couple installé à Créteil depuis plus de quatre décennies, et Kourosh, un ami qui a récemment fui Téhéran.

EN BREF

  • Les témoignages de réfugiés iraniens révèlent une dégradation de la situation en Iran.
  • Une crise économique sévère impacte le quotidien des Iraniens, avec des prix en forte hausse.
  • La répression s’intensifie, avec un contrôle accru des libertés individuelles.

Taghi, âgé de 80 ans, et Manijeh, 78 ans, ont vu leur quotidien rythmé par les nouvelles alarmantes provenant d’Iran. Alors qu’ils vivent en France depuis 43 ans, leur attachement à leur pays d’origine demeure fort. « À l’origine, nous souhaitions voir l’Iran devenir une démocratie », confie Taghi. Cependant, deux mois après le début de la guerre, leur espoir s’estompe. Le couple évoque l’isolement croissant de leurs proches, avec un accès limité à l’information et des contacts difficiles.

La situation économique actuelle est particulièrement préoccupante. Kourosh, 49 ans, qui a récemment fui Téhéran, décrit une inflation galopante. « Le billet de bus entre Téhéran et Istanbul coûtait 3 millions de tomans avant la guerre, il est désormais à 8 millions », témoigne-t-il. Les prix des denrées de base, comme le riz, ont également triplé, rendant la vie quotidienne insupportable pour de nombreux Iraniens. « À la boulangerie, on voit des personnes demander à d’autres de leur acheter un pain », ajoute-t-il, illustrant la détresse des habitants.

La répression exercée par le régime iranien est également exacerbée, selon les témoignages de Kourosh. « Il y a des postes de contrôle partout dans les rues », rapporte-t-il. Les autorités n’hésitent pas à fouiller les appareils électroniques des citoyens, créant un climat de peur et d’insécurité. « Refuser une fouille peut mener à des arrestations », précise-t-il. Kourosh critique aussi la propagande de la télévision d’État, qui tente de donner une image de normalité en diffusant des images de femmes non voilées, alors que la réalité est toute autre. « Le gouvernement veut masquer la réalité », affirme-t-il.

Ce climat de peur et d’incertitude engendre un profond désespoir parmi les Iraniens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. « Chaque jour, la situation empire dans tous les domaines », témoigne Kourosh, exprime son souhait de « retrouver une vie normale avec la liberté », un désir partagé par tous ceux qui souffrent de l’oppression actuelle en Iran. Taghi et Manijeh, bien qu’éloignés physiquement de leur terre natale, continuent de vivre avec l’angoisse de voir leur pays sombrer davantage dans le chaos.

Les récits de ces réfugiés mettent en lumière la réalité d’une nation en crise, où la quête de liberté et de dignité humaine reste un combat quotidien pour des millions de personnes.