Les visiteurs en maillot de bain plongent dans l’œuvre de Cézanne en Suisse

Le 1er mai 2026, la fondation Beyeler, située près de Bâle, a proposé une expérience inédite en invitant le public à visiter une exposition dédiée à Paul Cézanne en maillot de bain. Inspirée par la série emblématique du peintre représentant des baigneurs, cette initiative a transformé les visiteurs en acteurs de l’art.

EN BREF

  • La fondation Beyeler a organisé une exposition où les visiteurs peuvent se vêtir de maillots de bain.
  • Cette idée, inspirée par l’œuvre de Cézanne, a pour but d’interagir de manière ludique avec l’art.
  • Les visiteurs bénéficient d’une entrée gratuite s’ils participent en maillot de bain.

Dans le musée, une jeune femme en maillot noir observe un tableau de Cézanne, tandis qu’à ses côtés, un homme en shorty orange s’attarde lui aussi sur l’œuvre. Julien Rondez, un graphiste de 34 ans, a décrit cette expérience comme « absurde » mais « amusante », se réjouissant de devenir une « sorte d’œuvre dans le musée ». Il souligne que déambuler en maillot de bain, bien que déroutant au début, se révèle finalement très plaisant, semblable à l’ambiance d’une journée au bord de la piscine.

Dans le jardin de la fondation, les « baigneurs » se prélassent au soleil ou se reposent près d’un étang, surveillés par des secouristes. Lionnel Fermaud, un homme de 53 ans vêtu d’un bikini à paillettes, partage son ressenti : « C’est une expérience un peu particulière. On observe les autres visiteurs, cherchant des regards complices. » Il reconnaît néanmoins que cette atmosphère ludique peut parfois nuire à la concentration face aux tableaux.

Les visiteurs intéressés par cette expérience peuvent se changer dans une salle prévue à cet effet. Pour inciter le public à participer, l’entrée est gratuite pour ceux qui viennent en maillot, tandis que le tarif normal s’élève à 25 francs suisses, soit environ 27 euros. Certains visiteurs adoptent même des accessoires comme des bonnets de bain ou se déplacent pieds nus dans le musée.

Laurence Gainet, une galeriste originaire de Dijon, avoue avoir été surprise par cette initiative : « Au départ, on se demande si c’est une performance. » La réaction des autres visiteurs oscille entre le sourire et la surprise, certains allant jusqu’à immortaliser le moment en prenant des photos.

Marc Schmidlin, paysagiste de 40 ans, a fait le déplacement depuis le canton de Thurgovie, à environ 150 km, pour ne pas manquer cet événement : « J’aime les événements spéciaux, et ce n’est pas tous les jours qu’on entre gratuitement au musée. »

Les œuvres de Cézanne, notamment sa série sur les baigneurs, illustrent des figures nues intégrées à la nature, mêlant les corps et le paysage de manière organique. Ana Lopes, architecte portugaise de 34 ans, exprime son enthousiasme : « Porter un maillot de bain nous rapproche des tableaux. On se sent presque nu, plus authentique. »

Cette initiative, portée par l’artiste italien Maurizio Cattelan, vise à « modifier la perception » de l’art, à réduire les distances entre le public et les œuvres, tout en offrant un mélange d’humour et de liberté. Lukas Rupt, ingénieur environnemental de 26 ans, partage son appréciation pour cette « idée de casser les codes » en vivant une « expérience imprévisible ».

Dans ce cadre atypique, la fondation Beyeler réussit à allier art et convivialité, permettant aux visiteurs de redécouvrir l’œuvre de Cézanne sous un jour nouveau. Les maillots de bain ne sont pas qu’un simple accessoire, mais un véritable moyen d’interagir avec l’art et de se laisser porter par l’expérience.