Les Français sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les achats en ligne, et les destinations étrangères pour ces emplettes ne sont pas toujours celles que l’on pourrait imaginer. Selon les données de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) et de la Commission européenne, le Royaume-Uni demeure la première destination pour les cyberacheteurs français, malgré le Brexit et la montée en puissance de certaines plateformes asiatiques.
EN BREF
- Le Royaume-Uni est le premier pays étranger où les Français font leurs achats en ligne.
- La Belgique et l’Italie suivent, avec des achats variés allant des médicaments à la mode.
- La Chine, bien que populaire, est en quatrième position en raison de paniers moyens faibles.
En 2024, les Français ont dépensé plus de 175 milliards d’euros sur internet, et 34 % d’entre eux ont effectué au moins un achat sur un site étranger au cours de l’année. Ce chiffre, qui a doublé en dix ans, témoigne d’un changement dans la façon dont les consommateurs français envisagent leurs achats. La géographie des achats en ligne évolue, et les résultats de cette étude mettent en lumière des tendances intéressantes.
Le podium des pays de shopping en ligne
Le classement des pays où les Français achètent le plus en ligne réserve quelques surprises. La Pologne, en huitième position, est souvent perçue comme une destination discrète mais régulière. Les Français y achètent principalement des produits électroniques, attirés par des prix compétitifs sur des sites comme Allegro.
Les Pays-Bas, en septième position, se distinguent par des délais de livraison rapides. Amsterdam est devenue une plaque tournante du e-commerce européen, avec Bol.com attirant de nombreux acheteurs français, particulièrement pour les livres et les jouets.
L’Allemagne se classe sixième, avec des marketplaces comme Zalando et About You qui séduisent les acheteurs français, surtout dans le domaine de la mode. Ces trois pays représentent environ 8 % des achats transfrontaliers français, mais la dynamique change rapidement.
Des achats transatlantiques aux tendances italiennes
Les États-Unis occupent la cinquième place, avec des marques comme Apple et Nike qui attirent les consommateurs français, surtout pour des produits technologiques et des éditions limitées. En dépit des frais de douane, des articles de collection et des produits innovants demeurent des motivations d’achat importantes.
La Chine, souvent synonyme de bonnes affaires grâce à des plateformes comme Temu et AliExpress, se retrouve en quatrième position. Bien que populaire, elle ne capte que 11 % des achats transfrontaliers, souvent à cause de paniers moyens faibles, où de nombreux achats sont inférieurs à 15 euros.
L’Italie, à la troisième place, se distingue par son image de luxe accessible. Les Français s’y rendent pour acquérir des chaussures de créateurs et de la maroquinerie sur des sites tels que Farfetch et Yoox. Ce pays capte environ 14 % des achats transfrontaliers français.
La surprise belge et le leadership britannique
La Belgique, qui occupe la deuxième place, étonne par sa forte demande pour les médicaments et les produits alimentaires de niche. Des sites comme Coolblue attirent également les Français pour l’électroménager, grâce à des délais de livraison très courts et à une réglementation plus souple concernant certains produits.
Enfin, c’est le Royaume-Uni qui reste la destination privilégiée des Français, représentant environ 19 % des achats en ligne transfrontaliers. Malgré les défis posés par le Brexit, les marques britanniques, telles qu’ASOS et Boohoo, continuent de séduire grâce à leur rapport qualité-prix et à la diversité des tailles proposées.
Ce classement révèle une tendance profonde : les Français privilégient l’enseigne plutôt que le pays. Si une alternative française à ASOS venait à émerger avec des prix compétitifs, le Royaume-Uni pourrait rapidement perdre son statut de leader. Ce phénomène montre que le e-commerce transfrontalier est davantage lié à l’offre qu’à la géographie, et souligne l’importance des choix des consommateurs.
Dans un monde où chaque euro compte, les Français sont prêts à traverser des frontières pour trouver la meilleure offre. Cela soulève des questions sur l’avenir du commerce en ligne en Europe et sur la manière dont les enseignes peuvent s’adapter à ces nouvelles attentes.