À compter du lundi 4 mai, tous les étudiants pourront bénéficier d’un repas à 1 euro dans les Crous. Cette initiative, qui visait initialement les étudiants boursiers ou en situation de précarité, sera désormais accessible à tous, indépendamment de leurs revenus. Ce tarif avait été instauré en 2020 en réponse à la crise sanitaire due au Covid-19 et a rencontré un écho favorable auprès des organisations étudiantes.
EN BREF
- Le repas à 1 euro sera disponible pour tous les étudiants à partir du 4 mai.
- Cette mesure a été intégrée au budget 2026 après des négociations entre le gouvernement et les députés socialistes.
- Les syndicats étudiants estiment que le budget alloué est insuffisant pour répondre à la demande.
Pour bénéficier de ce tarif avantageux, il suffira aux étudiants de présenter leur carte d’étudiant et de disposer d’un compte Izly actif. La formule inclut une entrée, un plat et un dessert. Cette généralisation fait suite à un long combat mené par les organisations étudiantes, qui ont fait entendre leur voix pour une meilleure accessibilité à la nourriture dans les établissements d’enseignement supérieur.
Margot, étudiante en deuxième année de droit, témoigne de son quotidien : « J’habite chez mes parents, en général on fait un peu plus le soir donc je peux ramener les restes le lendemain. » Jusqu’à présent, débourser 3,30 euros pour un repas au Crous était trop élevé pour son budget. Elle a pris l’habitude d’apporter ses propres repas pour éviter de trop dépenser.
Garance, quant à elle, n’est pas boursière et surveille ses dépenses de près. « C’est très dur de tenir un tableau Excel pour mes finances », avoue-t-elle. Bien qu’elle accueille positivement la généralisation du repas à 1 euro, elle souligne que la question de la quantité des portions reste problématique. « Prendre un tout petit plat, comme des pâtes ou un jambon-beurre, ne cale pas. Cela peut me coûter jusqu’à 10 euros par jour au Crous », ajoute-t-elle, soulignant ainsi une préoccupation partagée par de nombreux étudiants.
La généralisation du repas à 1 euro est perçue comme une « victoire » par les socialistes, après une lutte de trois ans. Leur proposition de loi, qui avait été rejetée début 2023, a finalement été adoptée un an plus tard à l’Assemblée nationale. Le gouvernement, qui craignait que cette mesure profite aux étudiants les plus aisés et surcharge les Crous, a dû céder face à l’insistance des députés.
Dans le cadre des discussions budgétaires pour 2026, l’exécutif a accepté de débloquer 50 millions d’euros pour financer ce dispositif. Toutefois, cette somme est jugée largement insuffisante par les syndicats étudiants. L’Union Étudiante estime que les besoins des Crous s’élèvent à environ 500 millions d’euros, soit dix fois plus que le budget alloué actuellement. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la durabilité de la mesure et à la capacité des Crous à répondre à une demande croissante.
La mise en œuvre de cette mesure pourra être étendue à d’autres points de vente des Crous, comme les cafétérias, lorsque cela sera possible. Ce développement représente un espoir pour de nombreux étudiants qui luttent quotidiennement pour concilier études et gestion de leur budget alimentaire.