Nicolas Sarkozy réaffirme l’absence de financement libyen lors de son interrogatoire

Ce lundi, Nicolas Sarkozy a réitéré devant la cour d’appel de Paris qu’il n’existait aucune preuve de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. Cette déclaration a été faite lors du dernier jour de son interrogatoire, au cours duquel il a défendu sa position face aux accusations persistantes.

EN BREF

  • Sarkozy maintient qu’aucun fonds libyen n’a été utilisé pour sa campagne de 2007.
  • Des documents comptables récents sont présentés par sa défense pour soutenir ses dires.
  • Le procès se terminera le 27 mai avec les plaidoiries des parties civiles.

Lors de son intervention, l’ancien président a affirmé : « Quatorze ans après, il n’y a pas un virement, pas un centime qui a pu être tracé de manière directe ou indirecte avec ma campagne. » Cette déclaration a été faite alors qu’il répondait à des questions concernant des éléments comptables fournis par ses avocats, qui ont utilisé une clé USB remise par l’ex-épouse de Ziad Takieddine, un intermédiaire impliqué dans le dossier et décédé récemment.

Les avocats de M. Sarkozy ont mis en avant les informations contenues dans un dossier intitulé « Moh ». Selon leur analyse, sur 9,2 millions d’euros d’argent libyen perçus par Takieddine, environ 3,8 millions auraient été alloués à des dépenses pour Mohammed Senoussi, en lien avec des fonds détournés des services secrets libyens.

Face à ces accusations, Sarkozy a réagi avec véhémence, questionnant : « Si ça ne correspond pas à des rétrocommissions, qu’est-ce qu’une rétrocommission? » Il a souligné l’absence totale de preuves suggérant un financement de sa campagne, insistant sur le fait que « sur ces 19 000 documents, il n’y a pas la plus infime insinuation du financement de ma campagne ».

Un des avocats généraux, Damien Brunet, a rappelé que Ziad Takieddine avait déjà mentionné en 2011 des relations financières avec les Senoussi. En réponse, Sarkozy a fait référence à un jugement rendu par le tribunal correctionnel, qui selon lui, ne laissait aucune place à l’existence de rétrocommissions.

En première instance, Nicolas Sarkozy avait été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs et avait purgé 20 jours de détention avant d’être libéré sous contrôle judiciaire. Il a exprimé sa frustration face à la difficulté de prouver l’absence de fonds libyens, déclarant : « Jusqu’à quand je devrais démontrer l’inexistence de cela ? Qu’est-ce qu’il faut que je fasse de plus pour vous convaincre qu’il n‘y a pas d’argent ? »

Le procès se poursuivra avec les plaidoiries des avocats des parties civiles prévues pour mardi et mercredi. Les réquisitions des avocats généraux interviendront la semaine suivante, avec une conclusion attendue le 27 mai.