Aurore Bergé échappe à un procès dans l’affaire des crèches privées

La ministre Aurore Bergé voit s’éloigner la perspective d’un procès devant la Cour de justice de la République (CJR) dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de faux témoignage concernant ses relations avec une lobbyiste des crèches privées. En effet, aucune mise en examen n’a été prononcée à son encontre dans ce dossier désormais clos.

EN BREF

  • Aurore Bergé ne sera pas poursuivie dans l’affaire des crèches privées.
  • Une enquête sur ses relations avec une lobbyiste a été clôturée.
  • La ministre dément les accusations portées contre elle.

Cette affaire a pris naissance avec la publication du livre-enquête Les Ogres de Victor Castanet, sorti en septembre 2024. L’ouvrage met en lumière des dérives au sein de certains groupes privés de crèches et évoque un supposé « pacte de non-agression » entre Aurore Bergé, alors ministre déléguée à la Famille, et Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC).

Dans un courriel daté d’août 2023, Aurore Bergé se réfère à Mme Hervy en ces termes : « C’est surtout une copine 🙂 Elle sera très aidante avec moi ». Cette phrase a suscité des interrogations parmi des députés de La France insoumise et du groupe Écologiste et social, qui ont remis en question l’objectivité de la ministre face aux lobbys.

En réponse à ces accusations, Aurore Bergé a été auditionnée le 30 avril 2024 par une commission d’enquête parlementaire. Elle y a affirmé n’avoir aucun lien personnel ou amical avec Elsa Hervy, malgré les preuves suggérant le contraire.

Suite à un signalement du bureau de l’Assemblée nationale, une information judiciaire a été ouverte en début d’année 2025. Les gendarmes de la section de recherches de Paris, associés à trois magistrats de la CJR, ont été chargés d’explorer la nature de la relation entre Aurore Bergé et la lobbyiste. L’enquête a conduit à deux auditions de la ministre, en juin et octobre 2025, durant lesquelles elle a été placée sous le statut de témoin assisté.

Le parquet général a récemment confirmé que l’enquête judiciaire est désormais clôturée. « Aucune mise en examen n’est intervenue dans cette procédure », a souligné le parquet. Ce statut de témoin assisté, qui ne permet pas de requérir un procès contre la ministre, indique que les indices contre elle n’étaient pas suffisants pour justifier une mise en examen.

Me Jade Dousselin, avocate d’Aurore Bergé, a réagi en précisant que « la décision appartient aujourd’hui aux magistrats de la CJR et à eux seuls », tout en refusant de commenter davantage la situation. Elle a également rappelé que sa cliente a toujours démenti les accusations et a déposé plainte en diffamation.

Les parties concernées, à savoir la FFEC et Elsa Hervy, ont également porté plainte en diffamation contre Victor Castanet, soulignant que leurs interactions étaient strictement professionnelles. Me Albane Lancrenon, conseil de la FFEC, a affirmé que « Mme Hervy n’a jamais entretenu de relation personnelle, intime ou amicale avec Aurore Bergé ».

Cette affaire soulève des questions sur l’éthique et la transparence au sein du gouvernement, particulièrement dans un contexte où les lobbys jouent un rôle de plus en plus visible dans la politique française. Alors que cette enquête se termine, il reste à voir quelles seront les répercussions sur la carrière politique d’Aurore Bergé et sur la perception du public à l’égard de ses relations avec les acteurs du secteur privé des crèches.