Aurore Bergé innocente des soupçons de faux témoignage dans l’affaire des crèches

L’enquête menée par la Cour de justice de la République (CJR) concernant Aurore Bergé, actuelle ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, est désormais close. Soupçonnée d’avoir menti sous serment sur ses relations avec une lobbyiste des crèches privées, elle ne fera finalement l’objet d’aucune mise en examen.

EN BREF

  • Clôture de l’enquête sans mise en examen pour Aurore Bergé
  • Soupçons de faux témoignage liés à des liaisons avec une lobbyiste
  • Les décisions sont maintenant entre les mains des magistrats de la CJR

Cette enquête a débuté en 2025 à la suite d’un signalement émanant du bureau de l’Assemblée nationale. Des députés de La France insoumise et du groupe Écologiste et Social avaient exprimé des préoccupations quant à des relations potentiellement dissimulées entre Aurore Bergé et les lobbys, lors d’une commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches, qui s’est tenue le 30 avril 2024.

Aurore Bergé, qui a été entendue à deux reprises durant l’enquête, a toujours démenti les accusations portées à son encontre. Son avocate, Me Jade Dousselin, a confirmé que le dossier avait été transmis au ministère public pour règlement, tout en soulignant que la décision finale reposait sur les magistrats de la CJR. Elle a ajouté qu’il ne lui incombait pas de communiquer sur cette affaire et qu’elle ignorait comment l’information avait été divulguée.

Dans ses déclarations sous serment, la ministre avait affirmé n’entretenir aucun lien personnel ou amical avec Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC). Les enquêteurs de la section de recherches de Paris, ainsi que trois magistrats de la CJR, ont examiné les relations entre les deux femmes afin de déterminer si Aurore Bergé avait sciemment caché une quelconque relation particulière.

Au-delà de cette affaire, le journaliste Victor Castanet a abordé dans son livre-enquête « Les Ogres » les dérives potentielles de certains groupes privés de crèches, évoquant un supposé « pacte de non-agression » entre Aurore Bergé et Elsa Hervy. En réponse aux allégations formulées par Castanet, la FFEC et sa représentante, Elsa Hervy, ont également décidé de porter plainte pour diffamation.

Cette situation met en lumière les tensions qui existent autour des lobbys et des institutions politiques, surtout dans le cadre d’enquêtes sensibles. La ministre, qui a occupé le poste de présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, continue de faire face à des interrogations sur ses engagements et ses relations professionnelles, alors que le débat public sur le modèle des crèches et la gestion des lobbys est plus que jamais d’actualité.

La clôture de cette enquête sans mise en examen pourrait marquer un tournant dans la carrière d’Aurore Bergé, mais elle laisse aussi ouverte la question des relations entre le monde politique et les lobbys, un sujet qui suscite de vives réactions et une attention médiatique accrue.