Une tragédie s’est récemment déroulée lors d’une croisière reliant Ushuaia, en Argentine, au Cap-Vert. Trois passagers ont perdu la vie, possiblement à cause d’une infection par le hantavirus, selon les informations diffusées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 3 mai. Cette situation soulève des questions sur les risques liés à ce virus transmis principalement par les rongeurs.
EN BREF
- Trois décès confirmés sur un croiseur en raison d’une infection à hantavirus.
- Cinq autres cas suspectés, dont une personne en soins intensifs.
- Le hantavirus est principalement transmis par les rongeurs, avec des symptômes variés.
Le ministère de la Santé a rapporté le 4 mai que parmi les passagers présents à bord du navire “MV Hondius”, cinq Français ont été identifiés. L’OMS a confirmé un cas d’infection à hantavirus, tandis que cinq autres cas sont actuellement à l’étude. Parmi les six personnes concernées, trois sont décédées et une se trouve en soins intensifs en Afrique du Sud.
Mais qu’est-ce que le hantavirus ? Il s’agit d’un virus appartenant à la famille des Hantaviridae, principalement associé à une exposition à l’urine ou aux matières fécales de rongeurs infectés. Bien que les infections à hantavirus soient rares, elles peuvent entraîner des maladies respiratoires graves, nécessitant une surveillance médicale étroite.
Actuellement, 53 espèces de hantavirus sont recensées dans le monde. Les rongeurs, tels que le campagnol roussâtre et le mulot à collier, sont les principaux hôtes. Ces animaux peuvent être porteurs du virus sans montrer de symptômes. Ils peuvent néanmoins transmettre le virus à l’homme, entraînant divers syndromes, notamment des fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR) en Europe et en Asie, et des syndromes cardio-pulmonaires à hantavirus (SCPH) aux États-Unis.
En France, le Centre national de référence des Hantavirus a enregistré 2 046 cas de FHSR, et ces infections semblent se concentrer dans le quart nord-est du pays, avec une incidence accrue au printemps et en été. Le virus Puumala est le plus fréquent en Europe, bien qu’il ait un faible taux de létalité, estimé à environ 0,4 %.
Les voies de transmission du hantavirus incluent l’inhalation de poussières contaminées, résultant de l’exposition à des excréments ou à de la salive de rongeurs. La contamination peut également survenir par contact direct avec ces substances, ou encore par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés. Les personnes vivant ou travaillant dans des zones rurales, comme les agriculteurs ou les bûcherons, sont particulièrement à risque.
Le délai d’incubation pour une infection par hantavirus varie de deux à cinq semaines, et dans de rares cas, il peut atteindre six semaines. La transmission interhumaine est très limitée, sauf pour une souche spécifique, le hantavirus sud-américain Andes. Cette souche peut être contagieuse durant la phase asymptomatique, ce qui représente un risque pour les personnes proches du patient.
Les symptômes d’une infection à hantavirus peuvent inclure de la fièvre, des douleurs abdominales, des douleurs musculaires, et des troubles respiratoires. Dans certains cas, la maladie peut être asymptomatique, rendant le diagnostic plus difficile. Le diagnostic de FHSR repose sur des examens sanguins spécifiques, notamment la recherche d’anticorps anti-hantavirus.
À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement spécifique contre les infections à hantavirus, bien que des recherches soient menées sur des médicaments comme la ribavirine. Le traitement est souvent symptomatique, se concentrant sur le soulagement des symptômes.
Pour prévenir les infections à hantavirus, les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures de précaution. Il est conseillé d’éviter les lieux fermés ou abandonnés, de sécuriser les stocks alimentaires, et de dératiser régulièrement les espaces susceptibles d’être envahis par des rongeurs.
Les événements tragiques survenus lors de cette croisière mettent en lumière l’importance de sensibiliser le public aux risques liés aux infections à hantavirus. La vigilance et la prévention sont essentielles pour protéger la santé des voyageurs et des populations à risque.