Dans un contexte de tensions croissantes entre l’Ukraine et la Russie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré un cessez-le-feu à partir de mercredi, en réponse à la trêve annoncée par Moscou pour les célébrations de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette décision survient alors que les deux pays intensifient leurs frappes respectives, plongeant la région dans une instabilité persistante.
EN BREF
- Le cessez-le-feu ukrainien débute mercredi, avant la trêve russe des 8 et 9 mai.
- Des frappes russes ont causé des pertes civiles à Merefa, tandis que l’Ukraine intensifie ses attaques par drones.
- Les tensions militaires persistent, avec des avertissements de représailles de part et d’autre.
Selon les déclarations de Zelensky, ce régime de cessation des hostilités prendra effet à minuit, heure locale, dans la nuit du 5 au 6 mai. Il a précisé que l’Ukraine riposterait à toute attaque russe durant cette période. Sa déclaration fait suite à une menace formulée par l’armée russe, qui a averti d’une « frappe massive de missiles » sur Kiev si les hostilités étaient poursuivies. Le président ukrainien a ainsi appelé à des « mesures concrètes » de la part des dirigeants russes pour mettre fin à la guerre.
Chaque année, la Russie organise un défilé militaire sur la place Rouge à Moscou pour commémorer la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie en 1945. Cependant, l’Ukraine, en réaction aux bombardements récents, a intensifié ses envois de drones vers le territoire russe. Un drone a même causé des dommages à un immeuble résidentiel de luxe à Moscou récemment.
Le ministère russe de la Défense a réagi en menaçant de lancer des représailles si l’Ukraine tentait de perturber les célébrations de la victoire. « Si le régime de Kiev essaie de perturber nos célébrations, les forces armées russes frapperont massivement le centre de Kiev », ont-ils déclaré. Cette montée des tensions survient alors que l’Ukraine appelle à une trêve prolongée pour favoriser des négociations de paix, un appel que Moscou rejette, arguant que cela permettrait à l’Ukraine de renforcer ses défenses militaires.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a insisté sur le fait que « la paix ne peut attendre les défilés » et a mis au défi Moscou de prouver sa volonté de mettre fin aux hostilités. « Le 6 mai montrera si Moscou est sérieux et ce qu’elle veut vraiment : la paix ou des défilés militaires », a-t-il déclaré.
Alors que ces annonces sont faites, les États-Unis se recentrent sur le conflit au Moyen-Orient, ayant récemment tenté de mettre fin à la guerre en Ukraine, qui a débuté avec l’invasion russe à grande échelle en 2022. Ce contexte géopolitique complexe se double de difficultés militaires pour la Russie, qui a perdu du terrain en Ukraine au cours du mois d’avril, une perte qui n’était pas survenue depuis la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023.
Les récentes trêves et les menaces de représailles ont été précédées d’intenses bombardements de part et d’autre. Dans la nuit du lundi au mardi, des frappes russes ont été signalées dans des régions d’Ukraine comme Kharkiv et Zaporijjia, tandis que des attaques de drones ukrainiens ont touché plusieurs régions russes, y compris Moscou. Ces affrontements continuent de faire des victimes civiles, avec des rapports faisant état de sept morts à Merefa suite à une frappe de missile russe.
Face à cette escalade des violences, la situation sur le terrain reste préoccupante, et le cadre de ces trêves rivales ne laisse présager rien de concret pour une résolution pacifique du conflit. La communauté internationale observe de près les développements, espérant une désescalade des hostilités.