Plus de trois décennies après leurs disparitions mystérieuses, trois affaires de femmes portées disparues dans l’Ouest de La Réunion refont surface. Marie-Françoise Bomel, Nadia Hoarau et Blandine Marie Michèle Maillot ont disparu entre 1984 et 1993, sans que des réponses concrètes n’aient été apportées jusqu’à présent. Aujourd’hui, le pôle « Cold Case » du tribunal de Nanterre s’intéresse de nouveau à ces dossiers anciens, tandis que la gendarmerie renouvelle son appel à témoins.
EN BREF
- Trois disparitions de femmes dans l’Ouest de La Réunion entre 1984 et 1993.
- Le pôle « Cold Case » relance l’enquête avec un nouvel appel à témoins.
- Les proches espèrent obtenir des réponses après des décennies d’incertitude.
La première disparition date de mars 1984. Marie-Françoise Bomel, alors adolescente, a été vue pour la dernière fois à Saint-Paul, alors qu’elle se rendait à la gare routière. Deux ans plus tard, en 1986, Nadia Hoarau disparaît à Saint-Gilles, suivie en 1993 par Blandine Marie Michèle Maillot à Saint-Leu. Ces trois cas demeurent irrésolus, laissant les familles et amis dans l’angoisse de l’absence d’explications.
À l’époque, les recherches menées n’ont pas permis d’apporter de réponses claires. La situation était d’autant plus alarmante que d’autres femmes disparues avaient été retrouvées mortes sur l’île, alimentant des spéculations sur l’existence d’un tueur en série. Ce lien entre les disparitions n’a jamais été écarté et continue de hanter les esprits.
Dans un appel à témoins diffusé le 3 mai, la gendarmerie de La Réunion a souligné : « Après de nombreuses investigations, l’enquête est relancée autour de trois de ces disparitions ». Ils espèrent recueillir des témoignages, même minimes, qui pourraient aider à faire avancer l’enquête. « Peut-être avez-vous connu l’une de ces femmes ? », interroge-t-elle.
Cette relance des investigations évoque des souvenirs douloureux chez ceux qui ont connu les disparues. Nadia Marbois, amie de Marie-Françoise Bomel, raconte avec émotion : « Tous les matins, nous prenions le bus ensemble. Ce jour-là, elle n’est pas venue. Nous pensions qu’elle était malade, mais deux ou trois jours plus tard, nous avons appris sa disparition. C’était un choc. »
Pour elle, l’hypothèse d’une fugue ne correspond pas au caractère de Marie-Françoise, qu’elle décrit comme une personne sérieuse et réservée. Les années ont passé, mais l’absence d’explications continue de peser sur le cœur des proches. « Sa sœur est toujours très affectée. Ce serait un soulagement d’avoir des réponses, même des années plus tard », exprime-t-elle.
La réouverture de l’enquête suscite également des réflexions sur les similitudes entre les disparitions. Nadia Marbois souligne que les âges des victimes et la période des faits sont troublants. « C’est une hypothèse très plausible, car cela se produit dans la même période et ce sont des jeunes femmes », déclare-t-elle, inquiétude palpable dans sa voix.
La gendarmerie rappelle que « chaque souvenir, chaque indice peut faire avancer la vérité ». Elle invite quiconque ayant des informations à se manifester, soulignant que cette relance ne gomme pas les décennies de silence, mais offre une lueur d’espoir pour retrouver des réponses. « Qu’il soit vivant ou mort, savoir s’il y a un coupable pourrait atténuer la douleur des familles », conclut une proche, témoignant de l’impact émotionnel que ces disparitions ont eu sur la communauté.