La générosité en déclin : les dons aux associations en forte baisse en France

La générosité des Français semble s’effriter, selon les résultats du dernier baromètre des apprentis d’Auteuil, publié le 7 mai. En 2024, 52 % des citoyens avaient fait au moins un don, ce chiffre a chuté à 47 % en 2025, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis six ans. Ce phénomène soulève des inquiétudes quant à l’avenir du tissu associatif en France.

EN BREF

  • 47 % des Français ont fait un don en 2025, contre 52 % l’année précédente.
  • Le montant moyen des dons a diminué de 30 €, atteignant 336 €.
  • Une association sur trois est menacée de disparition faute de financement.

Les raisons de cette baisse de générosité semblent principalement économiques. La diminution du pouvoir d’achat figure en tête des préoccupations. Les Français appréhendent l’avenir et préfèrent épargner plutôt que de contribuer à des causes associatives. Cette tendance est d’autant plus marquée chez les ménages aux revenus les plus élevés.

Les causes qui mobilisent encore les donateurs, telles que la santé, l’aide aux plus démunis et la protection des animaux, ne sont plus considérées comme des priorités par tous. Une Parisienne interrogée confie : « L’année dernière oui, on a moins donné, au lieu de 20 €, je donne 10 €. On donne ce qu’on peut, mais pas toujours ce qu’on veut. » Une autre ajoute : « J’ai honte, j’ai donné mais je ne donne plus. On se demande aussi ce qu’ils font de notre argent, il y a un peu d’opacité, mais c’est surtout à cause du coût de la vie. »

Colin, recruteur de donateurs dans les rues animées de la capitale, confirme que les dons se font plus rares et que les montants sont en baisse. En 2025, le montant moyen des dons s’élevait à 336 €, soit une diminution de 30 € par rapport à l’année précédente. Ce recul de la générosité pèse lourdement sur les associations locales, qui peinent à fidéliser de nouveaux donateurs.

L’association « Maraudes citoyennes amiénoises », qui distribue des repas chauds aux sans-abris, illustre cette crise. Martine Bourgeois, sa présidente, souligne : « On avait fait une collecte en 2025, mais ça n’a pas marché. Cette année, j’ai eu un chèque de 50 € dans une maison de retraite et 20 €. Ce n’est pas énorme… » Elle rappelle que les dons en nature sont nombreux, mais que les contributions financières se font cruellement attendre.

La situation des associations est alarmante. Une enquête de la Fédération des acteurs de la solidarité a révélé qu’un quart d’entre elles n’ont que moins de deux mois de liquidités. Dans un contexte où les subventions se raréfient, certaines associations se regroupent pour mieux gérer leurs ressources. Justine Murcier, responsable de la collecte à l’ONG Planète urgence, affirme : « La résilience a ses limites. La baisse de la générosité a des impacts immédiats. » Plusieurs associations constatent déjà des licenciements, mettant en péril certains programmes essentiels.

À l’aube de 2026, le panorama ne semble guère s’éclaircir. Les alertes se multiplient : le président de la Fédération des acteurs de la solidarité a récemment averti qu’une association sur trois est menacée de fermeture. Cette situation met en lumière l’importance du soutien du grand public, qui pourrait être déterminant pour maintenir la cohésion sociale et soutenir les plus vulnérables.

En somme, la baisse des dons en France soulève des interrogations sur l’avenir des associations et sur la solidarité dans un contexte économique difficile. Il est essentiel de comprendre les enjeux qui sous-tendent cette tendance et d’agir pour préserver le tissu associatif qui joue un rôle crucial dans la société.