La série « Euphoria » est au cœur d’une vive controverse suite à la diffusion de sa saison 3 sur HBO Max, le 12 avril 2026. Ce nouvel opus, qui continue d’explorer les thématiques de la jeunesse américaine, plonge le spectateur dans un univers où la sexualité, la nudité et les fétichismes s’entremêlent. Le réalisateur Sam Levinson, accusé d’hypersexualiser ses personnages féminins, se retrouve sous le feu des critiques pour la manière dont il met en scène des pratiques souvent mal comprises.
EN BREF
- La saison 3 de « Euphoria » suscite des polémiques autour de ses scènes à caractère sexuel.
- Des pratiques BDSM comme la momification et le pup play sont mises en avant dans la série.
- Des experts soulignent la nécessité d’une meilleure compréhension de ces fétichismes souvent mal interprétés.
Dans cette saison, le personnage de Cassie, interprété par Sydney Sweeney, fait particulièrement réagir. Elle incarne une travailleuse du sexe, qui utilise la plateforme OnlyFans pour partager des contenus explicites. Sa représentation, qui la montre dans des situations provocantes telles que laisser couler de la glace sur son corps nu, soulève des questions sur la manière dont ces fétichismes sont perçus par le grand public.
Parmi les scènes qui ont choqué, on note celle où Jules, interprétée par Hunter Schafer, subit une « momification » dans un épisode. Maryse Frochot, sexothérapeute et experte en sexualité, explique que cette pratique consiste à envelopper le corps d’une personne dans du film plastique ou d’autres matériaux. Elle évoque les mécanismes de bondage et la restriction de mouvements qui accompagnent cette pratique, permettant une intensification des sensations corporelles. « La momification peut procurer un sentiment de sécurité et d’abandon », précise-t-elle. Toutefois, elle alerte sur l’importance de suivre des précautions strictes pour assurer la sécurité de chacun.
Un autre aspect controversé de la série est le « pup play », représenté par Cassie lorsqu’elle se met à quatre pattes, parée d’un corset et d’accessoires canins. Cette pratique, qui consiste à adopter un comportement animal en jouant à être un chien, est souvent mal comprise. Les motivations des adeptes incluent une recherche de lâcher-prise et une dynamique de domination et de soumission, selon Maryse Frochot. « Cela permet de réduire la pression de la performance sexuelle », ajoute-t-elle.
Le sploshing, une autre pratique illustrée par Cassie, consiste à intégrer de la nourriture dans des scènes érotiques, comme lorsqu’elle fait dégouliner de la glace sur sa poitrine. Maryse Frochot explique que cela implique une stimulation sensorielle intense, mettant en avant des contrastes de température et de texture. Cette pratique, qui a gagné en popularité sur des plateformes comme TikTok, soulève des questions sur l’esthétique et la transgression des normes.
Peut-être la scène la plus controversée de la saison est celle où Cassie, coiffée de couettes et avec une tétine, se livre à des jeux de rôle évoquant le fétichisme AdultBaby/DiaperLovers. Ce dernier, qui implique le déguisement en bébé, provoque un véritable débat. Selon Maryse Frochot, il s’agit d’une paraphilie où l’adulte joue à être un enfant, une dynamique qui peut être mal interprétée dans le contexte sociétal actuel. Elle souligne que ces pratiques sont réalisées entre adultes consentants et ne doivent pas être confondues avec des attirances pour les enfants. La confusion qui peut en découler explique en partie la polémique entourant la série.
« Euphoria » continue ainsi de secouer les conventions et de poser des questions sur la sexualité contemporaine, en mettant en lumière des pratiques souvent marginalisées. La série, tout en étant un miroir déformant de la société, invite à la réflexion sur des sujets délicats, tout en suscitant des réactions passionnées.
Alors que la saison 3 se déroule, il reste à voir comment le public et les critiques réagiront à ces représentations audacieuses. Les discussions sur la sexualité, la représentation des corps féminins et le consentement sont plus que jamais d’actualité, et « Euphoria » semble déterminée à les explorer dans toute leur complexité.