Le stérilet STEOM : une avancée majeure pour la contraception masculine au CHU de Lille

Le projet STEOM, porté par le CHU de Lille, est sur le point de changer la donne en matière de contraception masculine. Ce dispositif mécanique, sans hormones et réversible, pourrait offrir une alternative très attendue aux méthodes traditionnelles comme le préservatif et la vasectomie. D’ici 2033, cette innovation pourrait trouver sa place dans les choix contraceptifs des couples.

EN BREF

  • Le stérilet STEOM propose une contraception masculine mécanique et réversible.
  • Les essais cliniques débuteront en mai 2026, avec un lancement prévu vers 2033.
  • Cette méthode vise à réduire la charge contraceptive au sein du couple.

La France observe un intérêt croissant pour la contraception masculine, comme en témoigne la multiplication par quinze des vasectomies en seulement douze ans, atteignant plus de 30 000 interventions en 2022. Le stérilet STEOM s’inscrit dans cette tendance, répondant à une demande de solutions contraceptives plus équilibrées entre les partenaires.

Conçu par le Dr Julie Prasivoravong et l’ingénieure Jessica Schiro, le dispositif STEOM se distingue des méthodes actuelles par son approche non chimique. Il agit par occlusion mécanique des canaux déférents, empêchant le passage des spermatozoïdes tout en préservant l’anatomie et les fonctions physiologiques de l’homme. Ce choix de conception vise à garantir une absence totale de perturbation hormonale. De ce fait, l’utilisateur conserve sa libido, ses capacités d’érection et son équilibre physiologique naturel.

Contrairement à la vasectomie, souvent perçue comme définitive, le STEOM se veut réversible. Les premières modélisations indiquent un retour à la fertilité en seulement 48 heures après le retrait du dispositif, offrant ainsi une flexibilité inédite dans les choix contraceptifs.

L’intervention pour implanter le STEOM se déroule en ambulatoire et s’inscrit facilement dans un parcours de soins urologique standard. Elle nécessite une anesthésie locale de 15 minutes et une micro-incision scrotale de moins d’un centimètre. Ces caractéristiques minimisent les douleurs post-opératoires et permettent une reprise rapide des activités quotidiennes. De plus, le patient ne subit ni points de suture ni pansement lourd.

Une fois implanté, le dispositif offre une protection contraceptive continue durant trois ans, ce qui contribue à alléger la charge mentale souvent associée à la contraception. À l’instar du stérilet féminin, le STEOM ne protège cependant pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Le coût du matériel et de l’intervention sera déterminé à l’approche de son lancement officiel.

Essais cliniques et perspectives de commercialisation

Le développement du STEOM, projet familial mené par le Dr Prasivoravong et son frère entrepreneur, implique une collaboration étroite entre le CHU de Lille et l’université de Liège. Les essais précliniques sur des modèles vivants sont prévus pour mai 2026, suivis d’essais cliniques impliquant une centaine de volontaires en France et en Belgique.

Malgré le dépôt d’un brevet et la création d’une start-up fin 2026, la classification en dispositif médical de classe 3 impose des normes réglementaires strictes. Ainsi, les futurs utilisateurs devront s’armer de patience, car la mise sur le marché n’est pas attendue avant 2033.

En attendant, l’innovation STEOM a déjà attiré l’attention des instances de santé, ayant remporté une dotation de 10 000 euros pour sa contribution à l’égalité médicale. Ce projet promet de transformer le paysage de la contraception masculine, offrant une alternative qui pourrait bien convenir à de nombreux couples en quête de solutions plus adaptées à leurs besoins.