Le parcours éprouvant de Céline : cinq ans de sacrifices pour réaliser son rêve de maternité

Céline, une trentenaire de Rennes, a dédié cinq années de sa vie à un parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP) dans l’espoir de devenir mère. À travers son témoignage, elle évoque les défis émotionnels et physiques qu’elle a dû surmonter, ainsi que les impacts sur sa vie personnelle et professionnelle.

EN BREF

  • Céline a passé cinq ans en AMP, entre échecs et espoirs de maternité.
  • 63 % des femmes en AMP estiment avoir manqué de soutien au travail.
  • Au bout de nombreuses tentatives, elle est enfin tombée enceinte le 28 mai 2024.

Le parcours d’assistance médicale à la procréation de Céline a débuté en mars 2020, alors que la pandémie de COVID-19 compliquait déjà les choses. En attendant des heures pour des injections et des rendez-vous médicaux, elle a cherché à jongler entre sa vie de couple, sa carrière et ses espoirs de maternité. « Nous voulions un enfant, voilà tout », se souvient-elle, sans se douter des épreuves à venir.

Les premiers tests ont révélé une infertilité, notamment due à un spermogramme défavorable de son mari. C’est alors qu’ils ont décidé de se tourner vers l’AMP, une décision lourde de conséquences. Céline décrit ces années comme « entre parenthèses », marquées par des déplacements fréquents au CHU de Rennes, où elle devait se soumettre à un traitement rigoureux.

La gynécologue Mathilde Domin-Bernhard, qui accompagne des couples en AMP, souligne que la compréhension et l’adaptation des médecins sont essentielles. « Oui, c’est très dur », affirme-t-elle, en faisant référence aux taux de réussite qui, en moyenne, s’élèvent à seulement 20 % par cycle. Cette réalité met en lumière la nécessité d’un accompagnement psychologique tout au long de ce parcours.

Pour Céline, les premiers soutiens de son employeur et de ses collègues se sont peu à peu estompés. Une étude récente, que nous avons pu consulter, révèle qu’un nombre significatif de femmes en AMP ressentent un manque de soutien au travail. En effet, 63 % des participantes estiment que leur employeur ne les a pas assez soutenues, et 31 % affirment que ces difficultés ont eu un impact sur leur carrière. Ces chiffres témoignent d’un mal-être généralisé chez les femmes qui tentent de concilier vie professionnelle et parcours de fertilité.

« On a juste mis notre vie entre parenthèses et je n’aurais pas dû », confie Céline. Ce sacrifice, dans l’espoir d’accueillir un enfant, a eu des répercussions sur sa santé mentale et physique. En effet, une étude indique que 86 % des femmes en AMP estiment que leur parcours a eu un effet négatif sur leur bien-être, avec un taux alarmant de 38 % se déclarant en état dépressif.

Malgré toutes ces épreuves, l’issue du parcours de Céline est finalement heureuse. Après plusieurs tentatives, elle annonce sa grossesse, un moment tant attendu qui est arrivé le 28 mai 2024. « Enfin », lâche-t-elle avec émotion. Cet événement marque la fin d’un combat personnel intense, mais également le début d’une nouvelle aventure pour elle et son partenaire.

Pour découvrir l’intégralité de son histoire, et les témoignages d’autres femmes qui vivent des parcours similaires, le podcast « Les gens du coin » propose une plongée dans cette réalité. Céline représente l’une des nombreuses femmes qui, à travers leurs sacrifices, font face à l’incertitude et à l’espoir de la maternité.

Ce récit met en lumière la complexité des parcours d’AMP et l’importance d’un soutien adéquat, tant sur le plan médical que professionnel. Le chemin vers la maternité, bien que semé d’embûches, peut également être source de résilience et de solidarité.