Informer les bénéficiaires de son assurance-vie : une démarche préconisée

La question de l’information des bénéficiaires d’un contrat d’assurance-vie suscite de nombreux débats parmi les épargnants. Bien que cette démarche ne soit pas obligatoire, elle pourrait s’avérer bénéfique pour éviter des complications lors de la succession.

EN BREF

  • Informer les bénéficiaires de l’assurance-vie n’est pas obligatoire, mais recommandé.
  • Depuis 2007, l’acceptation du contrat nécessite l’accord du souscripteur.
  • Des milliards d’euros restent non réclamés en raison de la déshérence des contrats.

L’assurance-vie se classe parmi les placements les plus appréciés des Français. Elle permet de transmettre un capital à une personne désignée, tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse. Néanmoins, la question de savoir s’il faut informer cette personne de son statut de bénéficiaire reste un sujet délicat. De nombreux épargnants hésitent à franchir le pas, alors que les experts s’accordent à dire que cette transparence peut être bénéfique.

Cette réticence s’explique en partie par une réglementation antérieure. Avant le 17 décembre 2007, un bénéficiaire informé avait la possibilité d’accepter seul le contrat auprès de l’assureur. Cette acceptation bloquait toute modification du contrat sans son accord. Cependant, avec la réforme de 2007, cette règle a été assouplie. Aujourd’hui, même si un bénéficiaire est informé, l’accord du souscripteur est toujours nécessaire pour toute modification. Informer ses proches ne présente donc plus de risques majeurs.

Les professionnels recommandent vivement d’en parler avec les bénéficiaires. Cette démarche peut non seulement atténuer les tensions familiales, mais également diminuer le risque qu’un contrat d’assurance-vie soit oublié après le décès du souscripteur. En effet, si les proches ne sont pas au courant de l’existence d’une assurance-vie, les capitaux peuvent rester en « déshérence ». Ce terme désigne la situation où un contrat n’est pas réclamé par ses bénéficiaires.

La loi Eckert de 2016 a renforcé les obligations des assureurs concernant la recherche des bénéficiaires après un décès. Cependant, les démarches peuvent être longues, s’étendant sur plusieurs mois, voire des années. Si aucun bénéficiaire ne se manifeste dans un délai de dix ans, les sommes sont alors transférées à la Caisse des dépôts. Ces fonds restent récupérables pendant une période de 20 ans.

Ce phénomène de déshérence des contrats d’assurance-vie est particulièrement préoccupant. En août 2025, plus de 7 milliards d’euros issus de comptes et contrats inactifs n’avaient toujours pas été réclamés. Catherine Baudeneau, porte-parole d’Altaprofits, un courtier en placements financiers, souligne l’importance de « garder la maîtrise du contrat de son vivant tout en laissant suffisamment d’informations pour faciliter la succession le moment venu ».

La question de la communication autour des contrats d’assurance-vie mérite donc d’être examinée de près. En favorisant le dialogue avec les bénéficiaires, vous contribuez à une transmission plus sereine de votre patrimoine et à la préservation des liens familiaux. La transparence dans ce domaine peut faire toute la différence, tant sur le plan financier qu’affectif.