Hantavirus : prudence mais pas de panique, les experts rassurent

Après plusieurs décès liés à l’hantavirus Andes sur le bateau de croisière MV Hondius en avril, l’inquiétude grandit dans le monde entier. La situation rappelle les débuts de la pandémie de Covid-19. Cependant, les experts insistent sur le fait que le risque d’une nouvelle pandémie est faible, soulignant des différences fondamentales entre les deux virus.

EN BREF

  • Trois décès liés à l’hantavirus sur le MV Hondius ont suscité des craintes mondiales.
  • Les experts estiment que le risque d’une pandémie mondiale est très faible.
  • L’hantavirus est moins contagieux que le Covid-19 et nécessite des conditions spécifiques pour se transmettre.

La mention de l’hantavirus a récemment pris une ampleur médiatique considérable, notamment après la confirmation de trois décès sur le MV Hondius. En parallèle, une passagère française, hospitalisée à Paris après avoir été testée positive, a vu son état se détériorer. Ces événements ont alimenté des craintes de retour de mesures sanitaires strictes, telles que le port du masque ou le confinement.

Les autorités françaises ont rapidement réagi, renforçant les mesures d’isolement pour les passagers ayant été en contact avec des cas positifs. Cela a suscité des comparaisons avec la gestion de la crise de Covid-19, un écho qui résonne encore dans les esprits. Cependant, les spécialistes, tels que le Dr Jimmy Mohamed, ont tenu à apaiser les craintes en rappelant que « l’hantavirus n’est pas un nouveau Covid ».

Sur les ondes de RTL, le Dr Mohamed a insisté sur la nécessité d’une approche prudente sans céder à la panique. Il a partagé son message sur Instagram, où il compte près de deux millions d’abonnés, soulignant que bien que l’hantavirus soit connu, de nombreuses inconnues demeurent. Cette nuance est essentielle pour comprendre la situation actuelle.

Les lignes de défense face à l’hantavirus sont renforcées par des voix autorisées comme celle de l’infectiologue Karine Lacombe, qui a également affirmé sur RTL qu’il ne devrait pas y avoir d’épidémie d’ampleur. Contrairement au Covid-19, l’hantavirus Andes a des caractéristiques distinctes. Découvert dans les années 1950 après un épisode en Corée, ce virus circule principalement en Amérique du Sud et en Asie, et se transmet principalement par contact avec des rongeurs infectés.

La transmission à l’homme se produit généralement par inhalation de poussières contaminées. Bien que la souche Andes puisse se transmettre d’humain à humain, les conditions nécessaires à cette transmission sont très particulières, selon Virginie Sauvage, responsable du Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur. Cette dynamique réduit considérablement le risque de propagation.

Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, a été clair dans ses déclarations sur BFMTV-RMC. Il a balayé l’idée d’une pandémie, indiquant que de nombreux facteurs s’opposent à ce scénario. Il a décrit la situation sur le MV Hondius comme une combinaison d’événements rares, notamment la promiscuité à bord et la présence potentielle de « super-spreaders ».

Les données recueillies montrent que la transmission interhumaine de l’hantavirus reste exceptionnelle, contrairement à la contagiosité du Covid-19. Le professeur Pialoux a rappelé qu’une étude réalisée en 2020 avait montré que la majorité des transmissions se produisaient par contact rapproché.

La vigilance est donc de mise, mais les experts appellent à éviter les réactions alarmistes et à garder à l’esprit la nature moins virulente de l’hantavirus par rapport à d’autres pathogènes. La situation actuelle requiert une observation attentive, mais sans céder à la panique.