Procès de Sophia Chikirou : une figure de la gauche radicale sous le feu des accusations

Sophia Chikirou, députée et figure emblématique de la gauche radicale française, se retrouve ce mardi 12 mai 2026, au cœur d’un procès pour escroquerie qui fait couler beaucoup d’encre. Cette affaire, qui s’ouvre au tribunal correctionnel de Paris, remet en lumière le passé financier de la députée, co-fondatrice du Média et ancienne directrice de la communication de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017.

EN BREF

  • Sophia Chikirou est accusée d’avoir tenté d’obtenir 67 000 euros d’une société qu’elle ne dirigeait plus.
  • Le procès soulève des questions sur ses pratiques financières et sur un climat politique tendu.
  • Elle dénonce une procédure jugée politique et clame son innocence face aux accusations.

Le procès s’inscrit dans un contexte délicat pour la députée, qui a récemment obtenu 7,96 % des voix lors des municipales à Paris. Chikirou, élue de Paris depuis 2022, fait face à des accusations sérieuses, notamment celle d’avoir tenté d’initier un virement bancaire de 67 146 euros depuis le compte d’une société qu’elle ne dirigeait plus. Selon les faits, elle aurait cherché à récupérer cette somme pour des prestations réalisées par sa société de conseil, Mediascop, auprès du Média.

Ce dossier, qui remonte à l’été 2018, met en exergue des éléments troublants. La justice lui reproche d’avoir tenté à plusieurs reprises d’effectuer ce virement, se déplaçant même à la banque Crédit du Nord pour en faire la demande. Le refus de paiement, dû à l’absence de fonds suffisants, a mené à une complication supplémentaire : la disparition de deux chèques émis par le Média, qui n’ont jamais été encaissés.

En réponse aux accusations, Sophia Chikirou affirme que « ce procès est incompréhensible, puisqu’il n’y a ni victime, ni préjudice, ni même réalité frauduleuse établie ». Elle dénonce également ce qu’elle qualifie de « harcèlement judiciaire et médiatique » qui dure depuis huit ans. Son avocat, Me Dominique Tricaud, insiste sur l’absence d’intention frauduleuse, rappelant qu’un accord civil a été signé entre Chikirou et la direction du Média en 2021.

La brigade financière, de son côté, considère que les faits reprochés à Chikirou pourraient constituer une tentative d’escroquerie. Ce procès, au-delà de l’affaire individuelle de la députée, soulève des questions plus larges sur les pratiques financières au sein du milieu politique et médiatique. Dans ce cadre, Chikirou se positionne comme une élue déterminée à défendre son honneur et son intégrité.

Le contexte politique dans lequel cette affaire se déroule est également à prendre en compte. La tension est palpable, et les accusations portées contre Chikirou alimentent un climat de suspicion sur la gestion des fonds et des campagnes politiques. La députée a déjà été mise en examen pour escroquerie aggravée en 2024, dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de surfacturation par Mediascop lors de la campagne présidentielle de 2017. Elle continue de clamer son innocence et espère que l’audience démontrera qu’il n’y a eu ni vol de chèque ni tentative d’escroquerie.

Ce procès, qui débute aujourd’hui, est donc bien plus qu’un simple litige commercial. Il constitue un moment clé qui pourrait avoir des répercussions sur la carrière politique de Sophia Chikirou et sur la perception qu’a le public de l’ensemble du milieu politique. La députée se trouve à un carrefour, consciente que cette audience pourrait marquer un tournant dans une affaire qui l’accompagne depuis plusieurs années.