Procès de Sophia Chikirou : une députée LFI dénonce une instrumentalisation politique

Ce mardi 12 mai 2026, la députée La France Insoumise (LFI) Sophia Chikirou a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris, accusée d’escroquerie. Dans un contexte politique tendu, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une manœuvre visant à nuire à sa carrière. Les faits qui lui sont reprochés remontent à 2018, et la députée a plaidé son innocence tout en s’interrogeant sur le timing de cette affaire.

EN BREF

  • Sophia Chikirou est accusée d’avoir tenté d’obtenir un virement frauduleux en 2018.
  • La députée dénonce le timing politique de la justice, soulevant des interrogations sur les motivations de l’accusation.
  • La procureure a requis une amende, sans demander d’inéligibilité, considérant les faits comme anciens et sans victime.

Lors de son procès, Sophia Chikirou a été la seule à témoigner, portant une tenue décontractée. Elle a plaidé non coupable des accusations d’escroquerie qui pèsent sur elle depuis plusieurs années. Selon l’accusation, elle aurait tenté de transférer la somme de 67 146 euros du compte du site d’actualité Le Média vers sa société de conseil, Mediascop, alors qu’elle n’était plus présidente de la société.

Cette affaire, qui a refait surface alors que Chikirou était candidate à la mairie de Paris, a été interprétée par la députée comme une tentative de la justice de « salir son ascension politique ». Elle a exprimé son incompréhension face à la résurgence de cette affaire. « Pourquoi avoir attendu tout ce temps-là ? », a-t-elle déclaré, s’adressant directement à la procureure.

Son avocat, Dominique Tricaud, a plaidé pour la relaxe, arguant que ce dossier était « gardé comme un poison politique » par le parquet. La défense a également souligné que les accusations reposent sur un différend commercial, et non sur une réelle intention frauduleuse.

Les débats ont révélé des éléments de contexte, notamment des échanges de courriels et des SMS qui illustrent les tensions internes au sein de Le Média à l’époque. La procureure a admis que l’affaire n’était pas « l’affaire du siècle », mais a tout de même requis une peine d’amende proportionnée au montant en jeu.

Chikirou a insisté sur le fait qu’elle n’avait appris son éviction du poste de présidente que par un message texte, contestation qui a été au cœur des discussions judiciaires. L’affaire soulève des questions sur les pratiques politiques et la manière dont la justice peut être perçue dans un cadre électoral.

À la barre, Chikirou a exprimé son souhait de « mettre un terme » à ce chapitre de sa vie, évoquant les « huit ans de harcèlement médiatique » qu’elle a subis. Sa déclaration finale, empreinte d’émotion, laisse entendre qu’elle espère un dénouement rapide et juste dans cette affaire qui l’a profondément affectée.

Alors que le verdict n’est pas encore connu, cette affaire illustre les tensions entre politique et justice, et soulève des interrogations sur l’impact du timing des enquêtes judiciaires dans le paysage politique français.