Les États-Unis enregistrent une forte montée de l’inflation, atteignant son plus haut niveau en près de trois ans. Ce mardi, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 3,8 % sur un an en avril, après une hausse de 3,3 % en mars. Cette tendance inflationniste touche divers secteurs économiques, allant des prix des carburants aux loyers, en passant par l’alimentation et les billets d’avion.
EN BREF
- Inflation aux États-Unis à 3,8 % sur un an, un record depuis mai 2023.
- Trump minimise la situation, la qualifiant de « court terme ».
- Réactions de l’opposition démocrate à l’approche des élections législatives.
L’énergie est le principal moteur de cette poussée inflationniste. Les prix des carburants ont bondi de 28,4 % sur un an, tandis que les courses alimentaires ont connu une augmentation de 2,9 % sur la même période, avec une hausse de 0,7 % sur un mois. Parmi les produits alimentaires, la viande bovine a particulièrement été affectée, avec des hausses de 16,1 % pour le steak et 14,5 % pour la viande hachée. L’analyste Samuel Tombs, de Pantheon Macroeconomics, attribue cette inflation à l’énergie, les producteurs répercutant leurs surcoûts sur les consommateurs.
Interrogé sur cette situation par la presse, le président Donald Trump a minimisé l’ampleur de l’inflation, la considérant comme temporaire. Il a déclaré que cette augmentation des prix diminuerait après la fin du conflit avec l’Iran. « Pas le moins du monde », a-t-il répondu à une question sur l’impact de l’inflation sur les négociations avec Téhéran, soulignant que son objectif principal restait d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Ces déclarations ont suscité des réactions rapides de la part de l’opposition démocrate, à l’approche des élections législatives. Un sondage CNN récent révèle que 70 % des Américains désapprouvent la politique économique de Trump, qui avait été élu en partie pour sa promesse de réduire le coût de la vie.
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a directement accusé Trump d’alimenter l’inflation par le biais des droits de douane sur les importations et l’engagement militaire des États-Unis aux côtés d’Israël depuis le 28 février. « Donald Trump avait promis de faire baisser les prix « dès le premier jour ». Au lieu de cela, il ne cesse de les faire grimper », a-t-elle déclaré.
Dans les stations-service, les effets du conflit au Moyen-Orient continuent de peser sur les prix. L’Association automobile américaine (AAA) indique que le gallon d’essence ordinaire coûte désormais en moyenne 4,50 dollars, en forte hausse par rapport à environ 3 dollars avant le début de la guerre. L’économiste Diane Swonk, du cabinet KPMG, souligne que cette hausse du prix à la pompe s’ajoute à d’autres surcoûts énergétiques antérieurs, notamment une augmentation des prix de l’électricité, due à la demande croissante des centres de données informatiques.
Dans ce contexte économique tendu, il reste à voir comment la situation évoluera et quel impact cela aura sur les choix des électeurs lors des prochaines élections.