Les tensions entre Washington et Téhéran continuent de s’intensifier, plus d’un mois après l’instauration d’un cessez-le-feu fragile. Le 12 mai, l’Iran a clairement rejeté toute idée de renégocier ses conditions pour mettre fin au conflit, peu après que le président américain, Donald Trump, a émis de vives critiques à l’encontre du régime iranien.
EN BREF
- Trump a déclaré que les propositions iraniennes étaient à rejeter.
- Des évaluations du renseignement américain contredisent ses affirmations sur l’armée iranienne.
- Trump doit rencontrer Xi Jinping pour discuter des relations avec l’Iran.
La veille, Donald Trump avait qualifié les propositions envoyées par Téhéran de « bonnes à jeter à la poubelle », comparant la situation actuelle à celle d’un patient « sous assistance respiratoire ». La réponse iranienne n’a pas tardé. Mohammad Bagher Ghalibaf, le négociateur en chef de la République islamique et président du Parlement iranien, a déclaré sur X que « la seule option viable est de reconnaître les droits du peuple iranien », soulignant que toute autre approche serait vouée à l’échec.
Les demandes de Téhéran incluent la levée du blocus imposé par la marine américaine, le dégel de ses avoirs à l’étranger et l’arrêt des hostilités dans la région, y compris au Liban. Cependant, la tension ne se limite pas à des échanges diplomatiques. Une autre bataille se déroule autour des capacités militaires de l’Iran, que Donald Trump affirme avoir été « totalement détruites » par les frappes américano-israéliennes depuis le début du conflit le 28 février dernier.
Pourtant, des informations récentes du New York Times, basées sur des évaluations confidentielles du renseignement américain, indiquent que l’Iran n’a pas perdu l’essentiel de son arsenal militaire. D’après ces documents, Téhéran aurait retrouvé l’accès à 30 de ses 33 sites de lancement de missiles le long du détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le pétrole mondial. Les services de renseignement estiment également que l’Iran conserve environ 70 % de son stock de missiles d’avant-guerre et que près de 90 % de ses infrastructures de stockage et de lancement seraient à nouveau « partiellement ou totalement opérationnelles ».
Ces évaluations contredisent directement les affirmations répétées de Donald Trump et du Pentagone, qui soutenaient que l’armée iranienne avait été « décimée » pour plusieurs années. Face à cette situation, Donald Trump a semblé cibler le New York Times dans un message publié sur son réseau Truth Social. Il a déclaré : « Quand les fake news disent que l’ennemi iranien se porte bien militairement face à nous, c’est quasiment de la trahison. » Il a ajouté que de telles affirmations offrent de faux espoirs à l’Iran alors qu’il ne devrait y en avoir aucun.
Dans ce climat de tensions croissantes, Donald Trump a également affirmé que « chaque navire » de la marine iranienne reposait désormais « au fond de la mer », tout en soutenant que l’aviation iranienne avait disparu et que le pays était devenu « un désastre économique ».
Alors que les discussions diplomatiques se poursuivent, la prochaine étape se déroulera à Pékin, où Donald Trump doit rencontrer le président chinois Xi Jinping. Washington espère que la Chine, principal importateur de pétrole iranien, pourra influencer Téhéran dans ce contexte tendu. Cependant, comme souvent sur ce dossier, Donald Trump oscille entre des positions fermes et des déclarations plus nuancées, affirmant d’abord qu’il prévoyait d’avoir une « longue conversation » avec Xi Jinping sur l’Iran, puis suggérant que ce sujet pourrait ne pas être abordé, affirmant qu’il n’avait « pas besoin d’aide avec l’Iran ».