La Chine, opportuniste face aux tensions entre Trump et l’Iran

Le président américain Donald Trump se rend à Pékin ce mercredi 13 mai avec l’espoir de résoudre la crise iranienne, mais les négociations piétinent. Si officiellement le sommet avec Xi Jinping, qui se poursuivra jusqu’au 15 mai, doit aborder des questions telles que les droits de douane, les tensions commerciales et la situation à Taïwan, le conflit au Moyen-Orient sera également au centre des discussions. Ce contexte offre à la Chine une opportunité de renforcer son influence sur la scène internationale.

EN BREF

  • Trump cherche l’aide de la Chine pour désamorcer la situation en Iran.
  • Pékin pourrait utiliser ce dossier pour obtenir des concessions sur d’autres sujets.
  • Les relations sino-américaines restent tendues malgré l’importance de la rencontre.

Selon des responsables américains, Trump espère que Xi Jinping utilisera son influence sur Téhéran pour favoriser une désescalade. Cette dynamique place la Chine dans une position clé, alors qu’elle est l’un des rares pays capables de dialoguer directement avec le régime iranien, grâce à ses liens économiques et énergétiques. Dali Yang, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, souligne la dépendance de Trump envers la médiation chinoise, ce qui est nouveau pour lui.

Pékin pourrait tirer parti de cette situation pour obtenir des concessions sur des enjeux cruciaux, notamment le commerce. En effet, après des mois de tensions douanières, les deux pays sont en pourparlers pour prolonger une fragile trêve commerciale. La Chine cherche à s’assurer que les droits de douane excessifs, qui avaient atteint jusqu’à 145 %, ne soient pas rétablis. Les discussions en cours portent également sur des achats chinois de produits agricoles américains.

Un autre sujet sensible qui pourrait émerger lors de ces négociations est le cas de Taïwan. Pékin a longtemps demandé une réduction du soutien militaire américain à l’île, critiquant les ventes d’armes américaines. L’an dernier, un accord de vente d’armes d’une valeur de 11 milliards de dollars à Taïwan avait été approuvé par le Congrès américain, mais a été suspendu avant le sommet Trump-Xi. La Chine pourrait demander un geste symbolique à Trump concernant cette question, bien que les décisions concrètes relèvent du Congrès.

Les deux dirigeants doivent naviguer entre une diplomatie compliquée et des attentes élevées. Xi Jinping, tout en appelant à de nouvelles perspectives de coopération sur Taïwan, devra également gérer les attentes américaines concernant la guerre en Iran. Le double discours de Pékin, qui oscille entre apaisement et soutien à Téhéran, complique encore davantage cette dynamique.

La Chine, face à la guerre en Iran, ne cherche pas seulement à jouer un rôle de stabilisateur, mais également à renforcer son image de puissance diplomatique. Dans un contexte où les États-Unis semblent absorbés par leurs propres crises au Moyen-Orient, Xi Jinping pourrait capitaliser sur cette situation pour affirmer son autorité.

Cependant, la rencontre entre Trump et Xi ne devrait pas déboucher sur des résultats concrets. Henrietta Levin, chercheuse au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, fait état d’un consensus sur la nécessité de maintenir la stabilité des relations sino-américaines. Pourtant, au-delà de cette stabilité, l’avenir de cette relation demeure incertain, et il est probable que cette réunion n’aboutisse qu’à des discussions initiales.

Trump pourrait, comme à son habitude, se féliciter d’un « échange constructif » sur les réseaux sociaux, mais cela ne serait qu’un premier pas. Les deux présidents doivent encore se retrouver au G20 en décembre à Miami, où de nouveaux enjeux pourraient émerger.