Dans un entretien exclusif, Lamia El Aaraje, première adjointe à la mairie de Paris, partage son parcours, ses ambitions et sa vision de la politique. À 39 ans, elle est devenue la bras droit d’Emmanuel Grégoire, un rôle qu’elle aborde avec détermination et lucidité.
EN BREF
- Lamia El Aaraje est la première adjointe d’Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris.
- Elle évoque les difficultés liées à son parcours en tant que femme politique issue de l’immigration.
- Sa vision de la sécurité et ses relations avec d’autres partis politiques, notamment LFI, sont au cœur de ses préoccupations.
Lors d’une rencontre le 11 mai, Lamia El Aaraje a évoqué son parcours atypique. Née au Maroc et arrivée en France à l’âge de 17 ans pour poursuivre des études, elle a gravi les échelons de la politique parisienne grâce à un travail acharné et une conviction profonde. La première adjointe à la mairie de Paris souligne la perception souvent négative des femmes politiques, qui sont souvent jugées sévèrement pour leur caractère. « C’est intéressant de constater qu’une femme ambitieuse est souvent perçue comme cassante, alors qu’un homme est applaudi pour sa poigne », déclare-t-elle.
Sa nomination au poste de première adjointe n’a pas suscité de contestation, malgré un parcours politique marqué par des défis, notamment lors des élections législatives de 2021. Elle a remporté la circonscription avec une campagne qui a duré plus de six mois, faisant preuve d’une détermination sans faille.
Lamia El Aaraje évoque également les enjeux politiques actuels, notamment la nécessité de faire l’union de la gauche pour faire face aux défis de la droite. Elle a encouragé Emmanuel Grégoire à se rapprocher des écologistes pour renforcer cette union. « Nous avons besoin de cette alliance pour avancer ensemble », souligne-t-elle.
Abordant les questions de sécurité, elle met l’accent sur l’importance d’une police de proximité et d’un lien fort avec les citoyens. Bien qu’elle reconnaisse les divergences au sein de la gauche sur ce sujet, elle reste ferme sur sa position : « À Paris, nous n’avons pas souhaité armer la police municipale, car le rôle de la préfecture est déjà crucial. »
Sur le plan personnel, Lamia El Aaraje se dit préoccupée par la conciliation entre sa vie professionnelle et sa vie de famille. Mère de deux jeunes enfants, elle est consciente des défis que cela représente pour les femmes en politique. Elle prône des horaires de réunion adaptés et l’importance de considérer les responsabilités familiales dans l’organisation du travail.
Elle aborde également les stéréotypes auxquels elle fait face en tant que femme politique d’origine marocaine. « On m’explique que je ne suis pas la bonne arabe, c’est profondément raciste », déclare-t-elle. Cette affirmation met en lumière les préjugés qui persistent dans le discours politique français et souligne son engagement à lutter contre ces stigmatisations.
Lamia El Aaraje conclut en affirmant qu’elle souhaite que sa petite-fille grandisse dans une société où le parcours et les compétences priment sur l’origine. « Ce qui comptera, c’est sa capacité à travailler et ce qu’elle construit », dit-elle, exprimant ainsi son espoir pour les générations futures.
Ce parcours d’une femme politique engagée et déterminée représente une voix importante au sein de la municipalité parisienne et illustre les défis auxquels font face celles qui se battent pour faire entendre leur voix dans un monde politique souvent hostile.