Incendie près de la centrale nucléaire de Barakah : les Émirats accusent une attaque terroriste

Une frappe de drone a déclenché un incendie dimanche près de la centrale nucléaire de Barakah, dans l’ouest des Émirats arabes unis. Bien que cet incident n’ait pas causé de blessés ni augmenté les niveaux de radioactivité, les autorités émiraties ont qualifié cette action d’« attaque terroriste ».

EN BREF

  • Un incendie a été causé par un drone près de la centrale de Barakah.
  • Les Émirats accusent l’Iran d’être derrière cette attaque.
  • Aucun blessé ni impact sur la sécurité nucléaire n’a été signalé.

Selon le ministère émirati de la Défense, trois drones ont été détectés en provenance de la frontière occidentale. Deux d’entre eux ont été interceptés, tandis que le troisième a touché un générateur électrique à proximité du site. Les autorités ont immédiatement lancé une enquête pour identifier l’origine de ces attaques.

Anwar Gargash, conseiller du président émirati, a qualifié cette frappe de « terroriste », insinuant une possible implication de l’Iran. Il a déclaré sur X que cet acte, qu’il s’agisse d’une action directe ou d’une manœuvre orchestrée par un agent, représente une escalade dangereuse dans la région. Les Émirats ont régulièrement accusé l’Iran d’avoir orchestré des frappes depuis la cessation des hostilités du 8 avril entre Téhéran, Israël et les États-Unis.

Le chef de la diplomatie émiratie, Abdallah ben Zayed, a réaffirmé le droit de son pays à réagir à cette attaque. Il a discuté de la situation avec plusieurs homologues, notamment ceux du Qatar et de l’Arabie saoudite. À plus de 200 kilomètres d’Abou Dhabi, la centrale de Barakah, qui est la première centrale nucléaire du monde arabe, est située près des frontières saoudienne et qatarie.

Les autorités locales ont rassuré la population en affirmant qu’aucun blessé n’avait été déploré et qu’aucune anomalie n’avait été détectée concernant les niveaux de sûreté radiologique. L’Autorité fédérale de régulation nucléaire (FANR) a confirmé que l’incendie n’avait pas affecté la sécurité de la centrale, qui continue de fonctionner normalement.

L’Arabie saoudite, un voisin avec qui les relations sont déjà tendues, a également condamné cette frappe, la qualifiant de menace pour la sécurité et la stabilité de la région. La centrale de Barakah, mise en service en 2020, produit environ 40 térawattheures par an, répondant à environ 25 % des besoins en électricité des Émirats, un pays riche en ressources pétrolières.

Le fournisseur d’énergie sud-coréen Kepco, responsable de la construction de la centrale, a indiqué que l’installation n’avait pas été directement endommagée. Un responsable a précisé que les opérations sur un réacteur avaient été temporairement suspendues par mesure de précaution. De son côté, Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a exprimé sa profonde préoccupation, qualifiant d’inacceptable toute activité militaire menaçant la sûreté nucléaire.

Il est à noter qu’une autre attaque par drone avait déjà ciblé une installation énergétique dans l’est des Émirats au début du mois, cette fois-ci attribuée à Téhéran, qui avait démenti toute implication. Depuis le début de la guerre, qui a éclaté le 28 février avec une offensive israélo-américaine contre l’Iran, les Émirats ont été la cible de plus de 2 800 missiles et drones, subissant des représailles iraniennes dans un contexte de tensions croissantes.

Les Émirats, accusés par Téhéran d’avoir permis aux forces américaines d’utiliser leur territoire pour attaquer l’Iran, se trouvent dans une position délicate. Les récentes informations de presse concernant des frappes émiraties et saoudiennes contre l’Iran n’ont fait qu’intensifier les tensions.