Ce dimanche 17 mai, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme en décrétant le deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé concernant une épidémie d’Ebola, particulièrement virulente, qui touche la République démocratique du Congo (RDC). Ce variant, identifié comme étant le Bundibugyo, est sans vaccin connu, rendant la situation d’autant plus préoccupante.
EN BREF
- L’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale pour Ebola.
- Le variant Bundibugyo, sans vaccin, inquiète en raison de sa contagiosité.
- Des cas ont été confirmés en Ouganda, accroissant le risque de propagation.
Dans un communiqué diffusé sur X, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé que bien que le virus constitue une urgence de santé publique, il ne remplit pas les critères d’une urgence pandémique. Ce cadre de réponse a été récemment modifié, et un niveau d’alerte supérieur a été introduit pour les situations épidémiques graves.
Ebola, causant une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, demeure une menace sérieuse. Bien que des vaccins existent, ils ne sont efficaces que contre la souche Zaïre, responsable des plus importantes épidémies. La dernière déclaration d’urgence par l’OMS remonte à 2022 et 2024, en réponse à des foyers de variole du singe.
Concernant la situation actuelle, le directeur de l’OMS a signalé une propagation transfrontalière du virus, avec deux cas confirmés à Kampala, en Ouganda, les 15 et 16 mai, suite à des déplacements en provenance de la RDC. Les pays voisins, tels que l’Ouganda et le Soudan du Sud, sont jugés à haut risque en raison des échanges et des mouvements de population.
La province d’Ituri, dans le nord-est de la RDC, est particulièrement touchée par le variant Bundibugyo. Cette région, riche en ressources, connaît des déplacements de population intenses liés à l’activité minière. Le manque de vaccin et de traitement pour ce variant accentue les risques de contamination, notamment dans des zones à forte densité de population.
Pour déclencher l’alerte, l’OMS s’appuie sur divers critères du règlement sanitaire international. Cela inclut les informations fournies par l’État concerné, l’avis du comité d’urgence, et une évaluation des risques pour la santé humaine. Cette déclaration entraîne une série de recommandations temporaires, bien que non juridiquement contraignantes, qui expirent après trois mois.
Parmi les recommandations initiales de l’OMS figurent la sensibilisation des communautés locales afin qu’elles participent activement à l’identification des cas et au traçage des contacts. L’OMS insiste également sur le renforcement des contrôles d’infection dans les établissements de santé, ainsi que sur les itinéraires de transport et aux frontières. Un comité d’urgence se réunira prochainement pour élaborer de nouvelles directives.
Au 16 mai, l’OMS a confirmé huit cas en laboratoire, avec 246 cas suspects et 80 décès suspects. Un cas a également été identifié à Goma, ville dotée d’un aéroport international. Au cours des cinquante dernières années, le virus Ebola a causé plus de 15 000 décès en Afrique, avec un taux de mortalité variant entre 25 et 90 % selon les flambées. Pour le variant Bundibugyo, le taux de létalité peut atteindre 50 %. Ce variant a été responsable de deux épidémies dans le monde, la première en Ouganda en 2007 et la seconde en RDC en 2012.
Face à cette situation alarmante, l’OMS appelle à une vigilance accrue et à une coopération internationale pour endiguer la propagation de ce virus redoutable.