À Lyon, Nordine, conducteur de bus de 43 ans, et sa compagne Élodie, auxiliaire de puériculture, illustrent la réalité de nombreux foyers français à revenus modestes. Ensemble, ils élèvent deux enfants et gèrent un budget qui, bien que semblant correct sur le papier, s’avère souvent tendu dans la réalité quotidienne. Avec un revenu total de 4 120 € nets par mois pour leur foyer, la gestion de leurs finances nécessite une attention particulière.
EN BREF
- Nordine et Élodie, couple lyonnais, vivent avec un revenu net de 4 120 € par mois.
- Leurs dépenses fixes engendrent un budget serré, laissant peu de marge pour les imprévus.
- Ils parviennent cependant à épargner 350 € mensuels, malgré une pression financière constante.
Le salaire de Nordine s’établit à environ 2 180 € nets par mois, composé d’un salaire de base de 1 870 € auquel s’ajoutent des primes de service. Élodie, quant à elle, perçoit environ 1 640 € nets. À cela s’ajoutent 300 € d’allocations familiales pour leurs deux enfants. En somme, le couple dispose de 4 120 € nets chaque mois, ce qui semble relativement confortable, mais qui, au quotidien, se révèle insuffisant.
Le loyer de leur appartement dans le 8ᵉ arrondissement de Lyon constitue leur plus lourde charge. Ils paient 920 € pour un T4 de 75 m², un montant élevé même pour un logement social. Nordine, qui a attendu quatre ans pour obtenir cet appartement, le considère comme un bon deal par rapport au marché privé, où le même bien pourrait se louer à 1 200 €.
Les dépenses liées aux assurances sont également significatives, s’élevant à 185 € par mois, ce qui inclut une mutuelle familiale, une assurance habitation et une assurance auto pour leur Dacia Sandero de 2019, indispensable pour Élodie qui doit se rendre en banlieue pour son travail. Leurs abonnements télécom et de loisirs numériques coûtent 87 € mensuels, tandis que l’énergie leur coûte en moyenne 135 € par mois.
Leurs charges fixes s’élèvent à environ 1 587 €, laissant donc un montant de 593 € à Nordine pour gérer les autres dépenses avec son salaire. Heureusement, le revenu d’Élodie et leurs allocations familiales viennent compléter ce montant. Les dépenses alimentaires représentent une part importante de leur budget, avec un coût mensuel d’environ 580 € pour nourrir quatre personnes. Nordine et Élodie choisissent de faire leurs courses principalement chez Lidl et sur le marché local, mais l’augmentation des prix, estimée à 15 % en deux ans, pèse sur leur budget.
Les frais de carburant pour leur voiture s’élèvent à 110 € par mois, tandis que les dépenses d’entretien automobile, lissées sur l’année, ajoutent encore 45 €. En ce qui concerne les loisirs, le couple reste modeste, se permettant une sortie au restaurant par mois pour 70 € et quelques activités pour les enfants, dont le coût total s’élève à 65 € par mois. Le budget shopping, quant à lui, tourne autour de 80 € mensuels, avec des achats souvent réalisés en soldes ou sur des plateformes de seconde main.
Les vacances font également partie de leur projet financier. Ils mettent de côté 150 € par mois pour financer deux semaines de camping en été, généralement en Ardèche. Malgré ces efforts, le couple doit faire face à des imprévus qui viennent régulièrement perturber leur équilibre budgétaire. Nordine souligne que même s’ils peuvent théoriquement épargner 1 393 € par mois, cette somme est souvent compromise par des dépenses inattendues.
Actuellement, ils réussissent à épargner 350 € par mois, en mettant de côté 200 € sur un Livret A et 150 € sur un Livret d’Épargne Populaire, un placement avantageux pour Élodie. Ils n’ont pas de crédits à la consommation en cours, ayant acheté leur voiture d’occasion et payée comptant. Leur projet à moyen terme est d’acheter un appartement, mais cela nécessite un apport conséquent que le couple espère atteindre dans les trois prochaines années.
À titre de comparaison, le salaire médian en France est d’environ 2 100 € nets par mois. Bien que Nordine soit légèrement au-dessus de ce seuil, le coût de la vie à Lyon, qui est supérieur de 12 % à la moyenne nationale, grignote leur pouvoir d’achat. Ils vivent correctement, mais la crainte d’une perte d’emploi les stresse, sachant qu’ils ne pourraient tenir que trois mois sans revenu. Cette situation résonne probablement avec de nombreux foyers français aux revenus modestes.