Le président de l’Union populaire républicaine (UPR), François Asselineau, se retrouve face à la justice pour des accusations graves de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle. La décision de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris a été rendue suite à un appel du parquet après qu’Asselineau ait bénéficié d’un non-lieu fin 2024.
EN BREF
- François Asselineau jugé pour harcèlement et agression sexuelle sur des collaborateurs.
- La chambre de l’instruction a infirmé un non-lieu accordé en décembre 2024.
- Les dates du procès n’ont pas encore été fixées.
Le renvoi en correctionnelle a été ordonné par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris le 7 avril dernier. François Asselineau, âgé de 68 ans, devra répondre de plusieurs chefs d’accusation, dont le harcèlement sexuel et l’agression sexuelle sur un collaborateur, ainsi qu’une tentative d’agression sur un autre. Ces faits se seraient déroulés dans le cadre de son rôle au sein de l’UPR.
François Asselineau avait été mis en examen en 2021, à la suite de plaintes déposées par deux anciens collaborateurs. Un premier signalement avait été effectué par un ancien cadre du parti, suivi d’une enquête préliminaire ouverte en mai 2020. Le plaignant principal a affirmé avoir subi des comportements inappropriés dès son embauche en 2019, incluant des baisers non désirés. Un second plaignant a également rapporté des faits similaires de 2018.
En février 2021, Asselineau a été placé en garde à vue et confronté aux plaignants, qui ont maintenu leurs accusations. Bien qu’il ait nié toute agression, il a reconnu avoir été insistant, évoquant des sentiments d’amour réciproque. Cette admission a soulevé des questions sur la nature de ses interactions avec ses collaborateurs. À l’issue de sa garde à vue, il a été mis en examen pour diverses infractions, dont le harcèlement moral et sexuel, ainsi que pour intimidation.
Asselineau a contesté les accusations, les qualifiant de calomnies, et son entourage a dénoncé une procédure judiciaire qu’il considère comme orchestrée par deux anciens employés du mouvement. Des membres du parti avaient déjà exprimé des préoccupations concernant la conduite de leur président, évoquant l’existence de relations plus que professionnelles, source de « graves souffrances psychologiques ».
Au printemps 2020, face à la pression croissante, certains cadres avaient demandé sa démission, mais Asselineau a réussi à se maintenir à la tête de l’UPR en convoquant un congrès virtuel en juillet 2020, où il a été réélu. Il a également été reconduit à la présidence en 2023, malgré les accusations pesant sur lui et sa faible performance électorale, obtenant seulement 0,92% des voix lors de la présidentielle de 2017.
François Asselineau se positionne comme un fervent partisan de la sortie de la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan. Bien qu’il ait tenté de se présenter à la présidentielle de 2022, il n’a pas réussi à obtenir les parrainages nécessaires. Alors qu’il se prépare pour l’élection présidentielle de 2027, les conséquences de cette affaire judiciaire pourraient bien peser lourd dans sa campagne.
La suite de cette affaire sera à suivre de près, tant pour l’ex-président de l’UPR que pour l’évolution des accusations qui pèsent sur lui. Les dates de son procès seront déterminées dans un avenir proche, et l’issue de cette procédure pourrait avoir un impact significatif sur sa carrière politique et sur l’image de son parti.