Ebola : l’OMS alerte sur un risque élevé en Afrique centrale, faible à l’international

Le risque d’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a été qualifié de “élevé” pour l’Afrique centrale et de “faible” au niveau mondial par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette situation préoccupante survient alors que l’épidémie semble avoir émergé il y a quelques mois, avec un nombre croissant de cas et de décès.

EN BREF

  • Risque d’épidémie d’Ebola jugé élevé en Afrique centrale, faible à l’international.
  • 139 décès et près de 600 cas probables signalés en RDC.
  • Appels à des mesures d’urgence face à la situation critique sur le terrain.

Lors d’une récente conférence de presse à Genève, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que l’épidémie en cours, la 17e du nom dans ce vaste pays d’Afrique centrale, avait conduit l’organisation à émettre une alerte sanitaire internationale. Les provinces orientales, notamment l’Ituri et le Nord-Kivu, sont particulièrement touchées, et l’accès à ces zones est compliqué par la présence de groupes armés.

Les données fournies par l’OMS indiquent que l’épidémie a déjà entraîné 139 décès sur près de 600 cas suspects. Malgré cette situation alarmante, le risque d’une pandémie à l’échelle mondiale reste jugé faible. Le comité d’urgence de l’OMS a confirmé que l’épidémie ne répondait pas encore aux critères d’une urgence pandémique.

La Commission européenne a également évalué le risque d’infection pour ses États membres comme “très faible”, affirmant qu’aucune mesure spécifique n’était nécessaire pour le moment. Cela survient alors que les ONG sur le terrain, comme Médecins sans frontières (MSF), rapportent un manque crucial de ressources. Trish Newport, responsable des urgences pour MSF à Bunia, a exprimé la gravité de la situation : “Nous n’avons plus de place. Cela vous donne une idée de la folie de la situation en ce moment.”

Les conditions sur le terrain sont critiques. À l’hôpital de Rwampara, situé près de Bunia, le personnel médical et le matériel font défaut. Des témoignages font état de pratiques inquiétantes, comme des enterrements sans protection adéquate. Salama Bamunoba, représentant d’une organisation de jeunesse locale, a déclaré : “Nous creusons des tombes et enterrons des personnes mortes sans gants ni aucune protection.”

À l’international, les États-Unis ont réagi en renforçant les contrôles sanitaires pour les voyageurs en provenance des pays touchés. Un Américain ayant contracté Ebola en RDC est actuellement hospitalisé en Allemagne, où sa famille a été placée en isolement.

La réponse à l’épidémie est d’autant plus complexe qu’elle coïncide avec une baisse des aides internationales, notamment des États-Unis. L’OMS a alerté sur la nécessité d’une mobilisation rapide des ressources pour contenir la propagation du virus, qui peut être particulièrement meurtrier. Bien que moins contagieux que d’autres maladies comme le Covid-19, Ebola reste une menace sérieuse, ayant causé plus de 15 000 décès en Afrique au cours des cinquante dernières années.

Les premières manifestations de la maladie ont été rapportées à la fin avril, avec un premier cas positif identifié le 15 mai. Le Dr Tedros a souligné que l’épidémie pourrait avoir commencé plus tôt que prévu et que les chiffres pourraient continuer à croître.

Les autorités sanitaires sont appelées à intensifier les mesures de prévention, notamment le traçage des contacts, l’isolement et la prise en charge des cas suspects et confirmés. La priorité demeure de briser la chaîne de transmission pour éviter une aggravation de la situation.

La vigilance reste de mise alors que le variant du virus responsable de cette flambée, le Bundibugyo, ne dispose pas de traitements ou de vaccins homologués, rendant les efforts de contrôle encore plus urgents.