Stellantis et Dongfeng : un partenariat salué par les salariés de l’usine de Rennes

Le groupe Stellantis a annoncé ce mercredi 20 mai un partenariat avec le constructeur automobile chinois Dongfeng, qui pourrait transformer l’usine de la Janais à Rennes, site historique de Citroën. La production d’un véhicule chinois destiné au marché européen est désormais en projet, une initiative qui suscite des réactions variées parmi les employés.

EN BREF

  • Un partenariat entre Stellantis et Dongfeng pour produire des véhicules en France.
  • Des salariés expriment leur satisfaction, tout en restant prudents sur les conditions de travail.
  • La première voiture Dongfeng devrait sortir de l’usine en 2028.

La Janais, qui ne produit actuellement qu’un seul modèle, le C5 Aircross, a connu plusieurs périodes de chômage technique ces derniers mois. Corentin, un employé de la logistique, souligne l’importance de ce nouveau projet : « Si on veut faire perdurer notre usine bretonne, c’est important qu’on ait un deuxième véhicule ». Cette annonce a apporté un souffle d’optimisme à une usine qui peine à maintenir une activité stable.

Hafid, un monteur avec 22 ans d’expérience, partage également son enthousiasme : « On n’a pas travaillé lundi, on ne travaille pas vendredi. On est sur une semaine de trois jours ». Le retour d’une production active est donc accueilli avec soulagement, bien que certains employés aient des réserves quant à l’identité du véhicule à produire. Salah, qui travaille depuis 24 ans, exprime ses craintes : « Il ne faut pas qu’ils dégradent les conditions de travail qui sont déjà dégradées. Quand on parle de Chinois, c’est la rentabilité ».

Les syndicats voient dans cette collaboration une « bouée de sauvetage ». Laurent Valy, délégué CFDT, indique que bien qu’ils soient soulagés par cette annonce, il est crucial de rester vigilants concernant les termes du partenariat. « On le prend parce qu’on en avait besoin. Maintenant, il va quand même falloir travailler sur tout le dossier parce que tout reste à définir », prévient-il.

Du côté de Stellantis, le directeur de l’usine, Guillaume Olivari, souligne les avantages d’un tel partenariat. « Produire ici une voiture avec l’écosystème électrique chinois, c’est un vrai avantage concurrentiel dont Stellantis devrait bénéficier », déclare-t-il. Ce partenariat pourrait non seulement revitaliser l’usine, mais aussi permettre à Stellantis d’accéder à des technologies avancées en matière de véhicules électriques.

Cette initiative est également perçue favorablement par Louis Margueritte, directeur général de Business France, qui considère ce projet comme pragmatique. Il pose une question fondamentale : « Est-ce qu’il vaut mieux avoir des voitures de marques françaises produites ailleurs que chez nous, plutôt que des voitures sous marques autres que françaises qui sont en partie produites en France ? ». Pour lui, l’arrivée d’une entreprise chinoise en France représente une opportunité à saisir, surtout dans un contexte où la France est souvent plus protectrice que ses voisins européens.

La première voiture Dongfeng fabriquée en France devrait sortir des chaînes de l’usine de la Janais en 2028. Cette initiative sera détaillée davantage par Antonio Filosa, PDG de Stellantis, lors de la présentation du nouveau plan stratégique de l’entreprise, prévue pour le jeudi 21 mai. Les salariés de l’usine attendent avec impatience des précisions sur ce partenariat et espèrent que cette collaboration apportera des bénéfices durables pour leur site de production.