Perquisition au palais de l’Élysée dans l’affaire des cérémonies de panthéonisation

Le palais de l’Élysée a été perquisitionné le 21 mai 2025 dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur l’attribution des cérémonies d’entrée au Panthéon. Cet événement marque une première depuis l’affaire Benalla en 2018. Les investigations, menées par le Parquet national financier (PNF), visent à éclaircir les conditions d’attribution de certains marchés publics liés à ces cérémonies.

EN BREF

  • Le palais de l’Élysée a été perquisitionné le 21 mai 2025.
  • Les enquêteurs examinent les marchés publics pour les cérémonies de panthéonisation.
  • Cette perquisition est la première depuis l’affaire Benalla en 2018.

Cette perquisition fait suite à une première tentative infructueuse intervenue le 14 avril, lorsque les enquêteurs n’avaient pas pu accéder aux locaux de la présidence, invoquant l’inviolabilité des lieux selon l’article 67 de la Constitution. Ce dernier stipule que le président de la République ne peut être tenu responsable des actes accomplis en cette qualité, ce qui complique les investigations.

Le PNF a confirmé que les opérations menées le 21 mai avaient été précédées d’échanges institutionnels pour garantir leur bon déroulement. La présidence a déclaré que cette procédure ne visait pas le président lui-même et que toutes les garanties étaient réunies pour respecter le cadre constitutionnel et le secret de la défense nationale.

Les investigations se concentrent sur plusieurs accusations, dont le favoritisme et la prise illégale d’intérêt, notamment autour de la société Shortcut Events, chargée d’organiser ces cérémonies depuis 2002. Cette société, qui a remporté de nombreux appels d’offres, est désormais sous le feu des enquêteurs, qui s’interrogent sur les choix de marchés publics, notamment en ce qui concerne l’hommage à Missak Manouchian en 2024.

Chaque cérémonie de panthéonisation a coûté à l’État environ 2 millions d’euros, selon des sources. Le CMN a récemment attribué une cérémonie d’entrée au Panthéon, celle de Robert Badinter, à une autre agence, marquant un tournant dans cette affaire. Cela a mis un terme à la série de contrats remportés par Shortcut Events.

La Brigade financière et anticorruption de la police judiciaire parisienne est chargée de ces investigations, après une enquête préliminaire ouverte en décembre 2023. Ce contexte souligne la complexité et la sensibilité de la gestion des événements d’État en France, surtout ceux qui touchent à la mémoire nationale.

La dernière perquisition au palais de l’Élysée remonte à l’affaire Benalla, en juillet 2018, lorsque Alexandre Benalla, un ancien conseiller à la sécurité présidentielle, avait été mis en examen pour des violences lors d’une manifestation. Il a depuis été condamné à un an de prison ferme. Les répercussions de cette nouvelle affaire pourraient également avoir des conséquences sur la confiance du public envers les institutions.