Franck Bernard, maire RN, démissionne après des révélations sur ses publications racistes

Franck Bernard, vice-président de l’agglomération de Besançon et maire de Chevroz, a annoncé sa démission suite à la résurgence de contenus racistes, sexistes et LGBTphobes sur un compte Facebook qu’il a reconnu avoir utilisé. Cette décision intervient après que le président de l’agglomération, Ludovic Fagaut, lui a demandé de « prendre ses responsabilités » lors d’une réunion communautaire.

EN BREF

  • Franck Bernard a démissionné après des publications controversées sur Facebook.
  • Des élus dénoncent des propos racistes et misogynes relayés par Bernard.
  • Ce cas soulève des questions sur la présence du RN dans les institutions locales.

Le 21 mai, lors d’un conseil communautaire, M. Bernard a reconnu être l’auteur de messages controversés sur le compte Facebook nommé « Seven FK ». Ces messages contenaient des propos jugés inacceptables, notamment des affirmations sur la prétendue hiérarchie raciale des QI par pays. Le président Fagaut a déclaré que de tels discours « n’ont pas leur place dans le débat politique ni dans le débat public », exprimant clairement son désaccord avec les idées véhiculées par son vice-président.

Les réactions à cette situation ont été vives, notamment de la part d’élus de gauche. Hasni Halem, élu communiste, a qualifié les déclarations de Bernard d’« extrêmement graves » et a souligné le danger que représentent de tels discours. Il a évoqué des propos dégradants à l’égard de certaines populations, en affirmant que le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. Ce débat met en lumière les tensions au sein des instances politiques concernant la montée de l’extrême droite et ses conséquences sur le discours public.

Le contenu des publications incriminées a été révélé par le média Mediapart, ainsi que par le média local Le Ch’ni. Parmi les exemples cités, l’élu avait partagé une cartographie mondiale prétendant illustrer un « quotient intellectuel par pays », une théorie largement discréditée qui soutient des idées racistes. Des commentaires postés par « Seven FK » minimisaient également la menace du terrorisme d’extrême droite, une déclaration particulièrement troublante dans le contexte actuel de violence liée à l’extrême droite.

Franck Bernard a tenté de se défendre en minimisant la portée de ses publications, affirmant qu’il ne s’agissait que de « petits tacles » adressés à certaines élues. Cependant, cette explication n’a pas convaincu ses détracteurs, qui insistent sur le fait que ses propos ne peuvent être pris à la légère. Sa démission représente un tournant significatif pour le Rassemblement National dans une région où ses représentants ont récemment été élus à des postes clés.

La démission de Franck Bernard soulève des questions sur la gestion des élus du Rassemblement National au sein des collectivités locales. Alors qu’il est le premier représentant du RN à occuper un poste de vice-président à l’agglomération bisontine, son départ pourrait être interprété comme un signe de l’inadéquation entre les valeurs affichées par le parti et les comportements de certains de ses membres.

Cette situation met en avant la nécessité d’un débat public sur les valeurs et les normes qui devraient régir la vie politique, en particulier dans un contexte où le racisme et les discriminations sont de plus en plus visibles. La réponse des élus face à ces incidents est cruciale pour l’avenir des institutions démocratiques et la confiance du public envers celles-ci.