Un tragique accident a frappé la ville d’Angeles, située à environ 80 kilomètres au nord de Manille, où un immeuble en construction s’est effondré dans la nuit de dimanche à lundi. Les opérations de secours se poursuivent alors que le bilan s’alourdit, avec quatre morts et encore 17 personnes portées disparues.
EN BREF
- Quatre personnes ont perdu la vie dans l’effondrement d’un chantier à Angeles.
- Dix-sept personnes sont toujours portées disparues, principalement des ouvriers.
- Les conditions de sécurité sur le site avaient été jugées insuffisantes par les autorités.
Les secouristes, mobilisés dès les premières heures suivant l’accident, ont effectué des recherches intensives parmi les décombres d’un bâtiment de neuf étages. L’effondrement, survenu vers 03H00 du matin heure locale, a également partiellement détruit un hôtel voisin. Parmi les victimes, un client malaisien a été confirmé décédé, tandis que deux ouvriers, initialement retrouvés vivants, n’ont pas survécu à leurs blessures.
Maria Leah Sajili, porte-parole du service régional des pompiers, a partagé des détails tragiques sur les rescapes, expliquant que les deux ouvriers avaient été extraits des débris mais n’avaient pas pu être réanimés. « L’un a subi un arrêt cardiaque alors qu’il était coincé, ce qui a rendu les secours très difficiles », a-t-elle précisé.
Les opérations de sauvetage sont compliquées par la présence des débris instables. « Chaque mouvement peut aggraver la situation et mettre en danger d’autres vies », a déclaré Sajili. Les équipes utilisent désormais des caméras thermiques pour tenter de détecter des signes de vie parmi les décombres. Si aucun survivant n’est retrouvé, des pelleteuses mécaniques seront déployées pour dégager les lieux.
Les familles des disparus vivent une attente insupportable. Lea Casilao, la compagne d’un ouvrier porté disparu, a raconté son angoisse : « Je suis venue avec de la nourriture pour lui, sans savoir ce qui s’était passé. » D’autres proches, comme Stephanie Batar, ont exprimé leur désespoir face à l’incertitude concernant leurs êtres chers, embauchés récemment sur le chantier.
Des normes de sécurité ignorées
Les causes précises de l’effondrement restent encore floues. Cependant, des responsables du ministère du Travail ont signalé que le chantier avait été temporairement suspendu en septembre 2024 en raison de violations des normes de sécurité. Geraldine Panlilio, directrice régionale du département, a indiqué que les conditions de travail étaient jugées dangereuses, avec une absence d’équipements de sécurité appropriés pour les ouvriers.
« Les travailleurs ne portaient pas de casques ni de harnais de sécurité, et l’éclairage sur le site était insuffisant, » a-t-elle déclaré. Les travaux avaient repris après que l’entrepreneur a promis de se conformer aux exigences de sécurité, mais les événements tragiques de ce week-end soulèvent de graves inquiétudes quant à la mise en œuvre réelle de ces normes.
Au total, environ 70 personnes étaient sur le chantier au moment de l’accident, bien que la plupart aient quitté les lieux pour le week-end. Alfredo Albis, l’un des survivants, a partagé son expérience de la nuit fatidique : « J’ai deux cousins pris au piège sous les décombres. Ils travaillaient ici pour soutenir leur famille. » Son témoignage souligne la réalité tragique de la situation, où des vies sont désormais en suspens, attendant désespérément des nouvelles.
Les opérations de secours continuent, mais l’incertitude plane sur le sort des disparus. Chaque heure qui passe augmente l’anxiété des familles et des proches, qui espèrent toujours un miracle au milieu des décombres de cet accident dévastateur. Dans un contexte où la sécurité au travail est primordiale, cet événement tragique rappelle l’importance de veiller à la protection des ouvriers dans le secteur de la construction.