Les négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient se heurtent à des obstacles majeurs en raison des objectifs distincts des principaux acteurs : l’Iran, les États-Unis et Israël. Ali Vaez, de l’International Crisis Group, souligne que « pour l’Iran, l’enjeu est existentiel, pour les États-Unis, il est de court terme ». Ainsi, alors qu’aucun accord n’a encore été trouvé, il est crucial de comprendre les motivations de chaque partie.
EN BREF
- L’Iran cherche à garantir sa survie économique face aux sanctions.
- Les États-Unis veulent mettre fin à la guerre pour des raisons économiques et politiques.
- Israël maintient une position ferme contre tout accord avec Téhéran.
L’Iran, affaibli par des décennies de sanctions américaines, se trouve dans une situation économique critique. Les manifestations de masse qui ont précédé le début de la guerre, le 28 février, témoignent d’un profond mécontentement populaire, réprimé dans le sang par le gouvernement. Selon Ali Vaez, l’Iran a besoin d’« une injection de centaines de milliards de dollars » pour relancer son économie, mais cela n’arrivera que si des problèmes fondamentaux avec le monde extérieur sont résolus.
La survie du régime iranien reste la priorité. Téhéran a clairement indiqué qu’il n’acceptera aucun accord tant que ses avoirs bloqués par les sanctions ne seront pas libérés, exigeant un mécanisme garantissant la restitution des fonds gelés. En outre, l’Iran détient une carte maîtresse : le contrôle du détroit d’Ormuz, un point névralgique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Pour les États-Unis, l’administration de Donald Trump avait initialement espéré que la guerre serait rapide et efficace. Toutefois, les résultats ont été décevants. Trump a constamment demandé à l’Iran d’abandonner son programme nucléaire, sans succès. Les discussions sur la question nucléaire risquent donc d’être reportées à plus tard. D’autres sujets, comme le détroit d’Ormuz, prennent une importance accrue dans les négociations actuelles. La priorité immédiate de Trump est de mettre fin à la guerre afin de diminuer les prix de l’énergie, ce qui pourrait également influencer les élections de mi-mandat aux États-Unis.
Israël, allié des États-Unis, adopte une ligne dure. Le Premier ministre israélien a affirmé que tout accord final avec l’Iran doit « éliminer entièrement la menace nucléaire ». La rhétorique israélienne insiste sur la nécessité de maintenir une pression militaire et économique sur l’Iran, espérant que cela produira des résultats. L’histoire montre qu’Israël a déjà tenté d’entraver les accords nucléaires, comme celui de Vienne en 2015, et il est peu probable qu’il change de position.
Un autre facteur complexe dans les négociations est la question libanaise. L’Iran souhaite que le Liban soit inclus dans tout accord, tandis qu’Israël invoque la menace du Hezbollah, un groupe militant soutenu par Téhéran. Cette divergence offre à Israël un moyen de faire échouer les discussions, même si cela n’est pas l’objectif immédiat. Ali Vaez avertit que l’insistance de l’Iran sur cette inclusion pourrait « empoisonner » les pourparlers.
Dans ce contexte, il est clair que les objectifs des belligérants sont profondément ancrés et difficilement conciliables. La route vers un accord durable semble encore semée d’embûches, tant les intérêts de chaque partie sont divergents et les enjeux en jeu sont vitaux.