Ce mardi 26 mai, David G., un animateur périscolaire de 36 ans, comparaît devant le tribunal pour des accusations d’agressions sexuelles sur une dizaine d’enfants et de harcèlement sexuel à l’encontre de deux collègues. Ce procès s’inscrit dans un contexte particulièrement sensible, celui des violences sexuelles dans les écoles parisiennes, un sujet qui suscite l’indignation et l’inquiétude parmi les parents.
EN BREF
- David G. est jugé pour agressions sexuelles sur des enfants et harcèlement sexuel.
- Les faits se sont déroulés à l’école Alphonse Baudin entre 2024 et 2025.
- Une enquête a révélé des témoignages d’enfants évoquant des attouchements.
Les accusations portent sur des faits survenus à l’école Alphonse Baudin, située dans le XIe arrondissement de Paris, entre la rentrée de 2024 et avril 2025. C’est un signalement du directeur de l’établissement qui a déclenché les poursuites judiciaires. Des parents, s’inquiétant d’un changement de comportement de leurs enfants, avaient alerté les autorités sur les agissements de l’animateur.
Placé en garde à vue en juin, David G. a nié les faits, se contentant de reconnaître des manquements à la charte de l’animateur, tels que le fait de ne pas porter un enfant sur ses genoux. Cet homme, qui cumule des missions d’animation périscolaire pour arrondir ses fins de mois, n’a pas d’antécédents judiciaires. Il encourt néanmoins une peine de dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.
La mairie de Paris a réagi rapidement en procédant à une « suspension immédiate » de l’animateur, qui n’a pas été réintégré depuis. L’enquête menée par la brigade de protection des mineurs a recueilli des témoignages d’enfants rapportant des attouchements, décrits avec leurs mots souvent déroutants pour les adultes. Les parents ont témoigné de changements alarmants dans le comportement de leurs enfants, qui pleuraient à l’idée d’aller à l’école ou régressaient dans leur propreté.
Malgré la gravité des accusations, aucun adulte de l’école n’a été en mesure de corroborer les déclarations des enfants. Ce fait souligne la complexité des enquêtes sur des actes présumés de nature sexuelle, où les témoignages d’enfants peuvent varier et se contredire. Un père, dont la fille est impliquée dans l’affaire, a exprimé sa colère face à un système judiciaire qu’il juge défaillant. « Je veux qu’il soit jugé conformément à ses droits et à la hauteur de ce qu’il a fait. Moi, je crois ma fille », a-t-il confié au Parisien.
Ce père déplore également le silence de ceux qui ont été informés des signalements et critique le manque de transparence des autorités, notamment de la ville de Paris. « J’en veux autant à la mairie qu’à lui. Je trouve indécent que la Ville se soit portée partie civile », a-t-il ajouté, soulignant une frustration qui semble partagée par de nombreux parents.
Depuis le début de l’année 2026, un nombre alarmant de 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Ces chiffres témoignent d’une problématique que le maire Emmanuel Grégoire qualifie de « systémique ». Un plan d’action a été annoncé, recevant un accueil favorable de la part des collectifs de parents, tels que #Metooecole, qui appellent à des manifestations pour attirer l’attention sur cette crise.
Un précédent procès concernant un animateur d’une école parisienne du même arrondissement s’est tenu en mai, mais à huis clos. La sentence, qui pourrait inclure dix-huit mois de prison avec sursis, sera rendue le 16 juin. D’autres procès sont également prévus dans les mois à venir, témoignant de l’ampleur de la problématique au sein du système éducatif.
À ce jour, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes sur des violences potentielles dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches, soulignant l’urgence d’une réflexion collective sur la sécurité des enfants dans le système éducatif.