Le grand pèlerinage musulman à La Mecque a débuté ce lundi avec environ 1,5 million de fidèles rassemblés dans la ville sainte. Ce rituel ancestral, qui attire chaque année des millions de pèlerins, se déroule cette année dans un contexte de fortes tensions diplomatiques, notamment entre les États-Unis et l’Iran, alors que des négociations pour un règlement durable des conflits au Moyen-Orient sont en cours.
EN BREF
- 1,5 million de musulmans participent au hajj à La Mecque.
- Le pèlerinage se déroule sous une chaleur extrême, atteignant 45°C.
- Les tensions diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis persistent en toile de fond.
Les pèlerins, vêtus de blanc, ont commencé par effectuer le rite du tawaf, qui consiste à tourner autour de la Kaaba, le cube noir considéré comme le centre spirituel de l’islam. Ce moment de recueillement est empreint d’une grande signification pour les musulmans, qui se dirigent vers la Kaaba pour prier et se rapprocher de leur foi.
Les autorités saoudiennes ont averti les pèlerins de la nécessité de se protéger du soleil intense, en leur conseillant d’utiliser des parapluies et d’éviter les expositions prolongées. La chaleur accablante constitue un défi supplémentaire pour les participants, qui doivent rester vigilants afin de ne pas succomber à des coups de chaleur.
Cette année, le hajj coïncide avec une intensification des négociations entre Washington et Téhéran. Les tensions dans la région se sont accrues, notamment à la suite d’attaques par drones et missiles iraniens en réponse à une attaque israélo-américaine sur l’Iran. Dans ce contexte, l’ancien président américain Donald Trump a suggéré que des pays musulmans, dont l’Arabie Saoudite, devraient normaliser leurs relations avec Israël, ajoutant une couche d’incertitude aux discussions diplomatiques actuelles.
Malgré ces tensions, le pèlerinage attire cette année plus de visiteurs qu’en 2022, selon les autorités saoudiennes. Les pèlerins expriment leur joie de pouvoir participer à cet événement sacré, tout en restant conscients des enjeux de sécurité qui entourent leur présence à La Mecque. Le royaume saoudien a renforcé ses mesures de sécurité, notamment en déployant des forces de défense aérienne pour protéger les lieux saints.
« Les forces de défense aérienne sont chargées de protéger le ciel au-dessus des lieux saints et de faire face à toute menace aérienne », a déclaré le ministère de la Défense sur les réseaux sociaux, illustrant ainsi le dispositif mis en place pour garantir la sécurité des pèlerins.
Pour beaucoup de participants, comme Mohammed Chahada, un pèlerin égyptien, l’espoir d’un retour à la paix dans la région est palpable. « Le conflit en Iran a affecté le monde entier. Personne ne veut de guerres », a-t-il souligné en sortant de la Grande mosquée. Ce sentiment partagé parmi les pèlerins témoigne de l’importance du hajj, non seulement comme un acte de foi, mais aussi comme un symbole d’unité et d’espoir pour l’avenir.
Le hajj est l’un des plus grands rassemblements religieux au monde, et chaque musulman est tenu de l’accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens. Ce rituel, qui s’étale sur plusieurs jours, comprend diverses étapes, dont l’entrée en état de pureté, appelée ihram. Les hommes se vêtent d’un habit blanc sans couture, tandis que les femmes portent des robes amples, soulignant ainsi l’unité de la communauté musulmane.
Après avoir complété le tawaf, les pèlerins se dirigent vers le camp de Mina pour passer la nuit dans des tentes climatisées, avant de se rendre au mont Arafat, où se déroule l’étape centrale du pèlerinage. Ce mont est célèbre pour avoir été le lieu où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. L’Arabie Saoudite, qui accueille chaque année des millions de pèlerins, génère des milliards de dollars grâce à ce rituel sacré, contribuant ainsi à son économie.