Le 25 mai 2026, La Paz, la capitale bolivienne, a été le théâtre d’affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre, alors qu’une vaste marche s’opposait au président Rodrigo Paz. Ce dernier, confronté à une crise économique majeure et à des revendications croissantes, a tenté de calmer les esprits en annonçant une réduction de son salaire et de celui de ses ministres.
EN BREF
- Des milliers de manifestants réclament la démission du président Rodrigo Paz.
- Les tensions ont conduit à des affrontements avec des policiers anti-émeutes.
- Le président a promis de réduire son salaire de 50% en réponse à la crise.
Les manifestations, qui ont débuté début mai, sont le résultat d’un mécontentement croissant face aux politiques économiques du gouvernement. Des groupes variés, incluant des mineurs et des agriculteurs, se sont unis pour exprimer leur frustration. « Que voulons-nous? Sa démission! Quand? Maintenant! », scandaient les manifestants, illustrant leur détermination à provoquer un changement de leadership.
Les affrontements ont éclaté lorsque des manifestants ont tenté de franchir le périmètre de sécurité autour de la place Murillo, où se trouvent le palais présidentiel et le Parlement. Les forces de l’ordre, équipées de gaz lacrymogènes, se sont opposées à ceux qui lançaient des pierres et des pétards. La situation a été exacerbée par la présence de vendeurs ambulants proposant masques et vinaigre pour atténuer les effets des gaz lacrymogènes.
Un bilan préliminaire indique que plusieurs arrestations ont eu lieu, alors que les manifestations, organisées par la Centrale ouvrière bolivienne (COB), ont engendré des barrages routiers à l’échelle nationale. Ces blocages ont causé des pénuries de biens essentiels, tels que la nourriture et le carburant, dans plusieurs villes, y compris La Paz et El Alto.
Julia Ramirez, une agricultrice aymara de 57 ans, a exprimé sa colère face à ce qu’elle considère comme une discrimination de la part du gouvernement. « Ce gouvernement nous massacre, il nous discrimine », a-t-elle déclaré. Félix Mamani, un mineur de 27 ans, a ajouté : « Nous sommes en colère parce qu’on nous a menti », soulignant le ressentiment général envers les autorités.
En réponse à la crise, le président Rodrigo Paz a proposé une réduction de 50% de son salaire, qui est d’environ 24 000 bolivianos par mois (environ 3 400 dollars). Bien que cette mesure soit largement perçue comme symbolique, elle vise à montrer sa volonté de contribuer à l’effort national en période de crise. Toutefois, il a exclu toute négociation avec les manifestants qu’il considère comme violents, affirmant qu’une « minorité ne peut pas gouverner ».
Le gouvernement a également accusé l’ancien président socialiste Evo Morales, actuellement en fuite, d’organiser une mobilisation visant à « altérer l’État de droit ». Morales, qui fait face à des accusations graves, a appelé à des élections anticipées, une demande qui pourrait aggraver encore davantage les tensions.
Au niveau international, des pays comme les États-Unis et le Brésil ont exprimé leur soutien à la démocratie bolivienne. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a réaffirmé que les États-Unis ne permettraient pas que des éléments criminels perturbent le processus démocratique. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a également souligné l’importance du dialogue et du respect des institutions démocratiques, tout en offrant une aide humanitaire à la Bolivie.
Le président Paz, qui a promis de rompre avec les politiques de gauche de ses prédécesseurs, semble se rapprocher davantage des États-Unis et des institutions financières internationales, tout en prenant ses distances avec les syndicats. La situation à La Paz demeure tendue, avec des implications potentielles pour l’avenir politique de la Bolivie.