Un homme de 46 ans condamné pour avoir exploité une retraitée de 94 ans

Dans une affaire révélatrice des abus dont peuvent être victimes les personnes âgées, Matthieu Tabaud, un homme de 46 ans, a été condamné à 11 ans de réclusion criminelle et à une amende de 50 000 euros pour des faits d’abus de faiblesse, d’enlèvement et de séquestration. Ce jugement a été prononcé par la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques.

EN BREF

  • Matthieu Tabaud a été reconnu coupable d’avoir exploité Jeanne Narbout, 94 ans.
  • Il lui aurait volé 830 000 euros avant de l’envoyer dans une maison de retraite au Maroc.
  • La retraitée est décédée en 2025, deux ans après les faits.

Les événements se déroulent à partir de 2019, lorsque Jeanne Narbout, alors âgée de 88 ans, fait la connaissance de Matthieu Tabaud, un ancien représentant en vin. Après une rencontre initiale à Boeil-Bezing, près de Pau, elle le suit à Saint-Pierre-d’Irube, puis à Bayonne, où ils se pacsent quelques semaines plus tard. Ce lien, qui aurait dû être une source de soutien, se transforme rapidement en une exploitation choquante.

Au fil des années, les finances de la retraitée béarnaise commencent à s’amenuiser. En 2023, des enquêteurs découvrent que Tabaud détient la carte bancaire de Jeanne et qu’elle vit seule dans une maison de retraite au Maroc. Il prétend alors avoir agi pour son bien, mais les circonstances révèlent une tout autre réalité. Lorsqu’elle est interrogée par la police, Jeanne apparaît désorientée et exprime son désir de revenir en France.

Les investigations ont mis en lumière de nombreux mouvements financiers sur les comptes de Jeanne Narbout. Ceux-ci incluent des fermetures de comptes, des rachats d’assurances-vie, des virements bancaires et des achats immobiliers. Au total, ce sont 830 000 euros qui auraient été détournés. Matthieu Tabaud, face à ces accusations, minimise ses actes en les qualifiant de simples “erreurs de gestion”, tout en affirmant que Jeanne vivait confortablement au Maroc.

Les éléments de l’enquête révèlent également la complexité de la situation. En 2023, Jeanne est escortée au consulat de France à Casablanca par la nouvelle compagne de Tabaud. À ce moment-là, elle semble perdue et manifeste un souhait de retourner dans son pays d’origine. Ce témoignage renforce l’idée que l’homme a abusé de la vulnérabilité de la retraitée.

Le procès, qui a duré deux jours, a mis en lumière les abus dont Jeanne a été victime. Sa situation précaire, exacerbée par les actions de Tabaud, pose la question du protection des personnes âgées face à des individus malintentionnés. À l’issue des débats, la cour a rendu son verdict, condamnant Tabaud pour escroquerie, séquestration et abus de faiblesse.

Le 13 juillet 2025, Jeanne Narbout s’éteint dans la maison de retraite où elle avait été placée, à l’âge de 94 ans. La tristesse de cette perte est palpable, et Tabaud, devant la cour, a exprimé des regrets tout en faisant allusion à son décès, illustrant ainsi la tragédie humaine de cette affaire.

Ce jugement rappelle l’importance d’une vigilance accrue envers les personnes âgées, souvent exposées à des abus. La justice a tranché, mais les conséquences de cette exploitation pèsent encore sur la mémoire de Jeanne Narbout.