Le procès d’un animateur périscolaire parisien a révélé des accusations d’agressions sexuelles sur neuf enfants. Ce mardi, le parquet a requis une peine de trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, lors d’une audience qui a attiré l’attention des médias et du public.
EN BREF
- David G., animateur périscolaire, est jugé pour agressions sexuelles sur des enfants.
- Le parquet a requis trois ans de prison, dont un an ferme.
- Les accusations reposent sur les témoignages d’enfants de 3 à 5 ans.
Lors de ce procès, le tribunal a été submergé par le nombre de journalistes et de membres du public présents, soulignant l’importance de cette affaire dans le débat public sur la protection des enfants dans le milieu scolaire. La salle d’audience, initialement prévue pour un nombre limité de personnes, a dû être élargie pour accueillir tous les intéressés.
David G., 36 ans, est accusé d’avoir commis des agressions sexuelles sur des enfants de l’école maternelle Alphonse Baudin, située dans le XIe arrondissement de Paris, entre la rentrée 2024 et avril 2025. Il a été suspendu de ses fonctions à la suite d’un signalement. Le procureur a précisé qu’il était poursuivi pour des faits concernant cinq enfants, tandis que les familles de quatre autres ont également engagé des poursuites.
Face aux accusations, le prévenu a fermement nié tout geste inapproprié, affirmant qu’il serait « psychopathe » de commettre de tels actes. Il a admis avoir eu des interactions physiques avec les enfants, comme les porter ou les prendre sur ses genoux, mais a minimisé ces gestes, les qualifiant de maladresses dues à un manque de formation.
Les témoignages des enfants, cependant, se sont avérés cruciaux pour l’accusation. Âgés de trois à cinq ans, ces jeunes ont rapporté des incidents troublants, décrivant des attouchements de la part de David G. Une fillette a par exemple évoqué un incident où l’animateur aurait utilisé une cuillère pour toucher ses fesses à l’intérieur de l’école.
Un des avocats représentant les victimes a souligné la gravité de la situation : « Faire ce genre de jeux, c’est extrêmement grave. C’est vraiment de la pédophilie. » Les parents présents ont également témoigné des changements de comportement de leurs enfants, certains développant des craintes liées à la présence de l’animateur.
Le parquet a requis la condamnation de David G. pour trois enfants, arguant que les faits d’agressions sexuelles n’étaient pas établis pour les autres. L’avocate des parties civiles, Me Rebecca Royer, a insisté sur le fait qu’un enfant de maternelle ne peut pas inventer un abus sexuel, même s’il peut se tromper sur certains détails.
De son côté, l’avocat de la défense, Me François Epoma, a mis en lumière les manquements de l’Éducation nationale, regrettant que David G. n’ait pas reçu la formation adéquate pour interagir avec les enfants de manière appropriée. Le tribunal a décidé de mettre sa décision en délibéré jusqu’au 7 juillet.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large, alors que depuis le début de l’année 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus pour des raisons similaires, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles. Ces chiffres soulignent un problème qui semble avoir des racines plus profondes dans le système éducatif, comme l’a souligné le nouveau maire Emmanuel Grégoire.
Les répercussions de ce procès pourraient avoir un impact significatif sur la confiance des parents envers les structures périscolaires et sur la manière dont les affaires d’agressions sexuelles sur mineurs sont traitées à l’avenir.