Le procès d’un animateur de 36 ans, accusé d’agression sexuelle sur des enfants dans le cadre de ses fonctions, s’est ouvert ce mardi 26 mai. Suspendu depuis 2025 à la suite de signalements, cet homme comparaît pour des faits graves concernant neuf enfants, âgés de 3 à 5 ans, ainsi que pour des accusations de harcèlement sexuel à l’encontre de deux animatrices.
EN BREF
- Un animateur de périscolaire jugé pour agressions sexuelles sur mineurs.
- Le prévenu nie les faits avec une attitude déconcertante.
- Le tribunal rendra sa décision le 7 juillet 2026.
Lors de l’audience, l’accusé a nié toute implication dans les actes qui lui sont reprochés, arguant qu’« il faut être psychopathe pour faire ça ». Sa posture a surpris, notamment face à la gravité des accusations. Le président du tribunal a dû lui rappeler de ne pas mettre les mains dans ses poches, une attitude jugée inappropriée dans un tel contexte judiciaire. La procureure a souligné un « décalage » entre les déclarations du prévenu et les éléments du dossier, ce dernier ne se souvenant que de peu de choses.
En se défendant, il a admis avoir eu des « maladresses » dues à un « manque de formation », citant des exemples comme porter des enfants sur ses genoux ou utiliser des surnoms affectueux tels que « mon amoureuse » ou « ma chérie ». Il a reconnu, avec une certaine lucidité, que ces gestes auraient pu être mal interprétés.
Les accusations reposent principalement sur les témoignages cohérents d’enfants ayant rapporté des attouchements. Une fillette a décrit comment l’animateur lui aurait touché les fesses avec une cuillère dans la bibliothèque de l’école. Un parent a également témoigné des changements de comportement de son fils, qui se montrait anxieux après avoir été sous la garde de l’accusé.
Le prévenu a été confronté à des contradictions dans ses déclarations. Il a nié avoir eu la charge d’enfants de petite section, alors que la responsable des animateurs a précisé qu’il avait été déplacé au sein de l’établissement après une première alerte. À plusieurs reprises, il a affirmé n’avoir jamais été seul avec un enfant, ni porté un enfant dans ses bras, ce qui a été contredit par d’autres témoignages.
« Un enfant de maternelle n’invente pas une scène d’abus sexuels », a plaidé l’avocate des parties civiles, ajoutant que les jeunes enfants peuvent se tromper sur des détails, mais jamais sur la nature des faits. Cette déclaration a renforcé la crédibilité des témoignages des enfants.
Une évaluation psychologique de l’accusé a mis en lumière une « jovialité » jugée « artificielle » au regard des événements. En réponse, le prévenu a déclaré qu’il s’entendait bien avec les psychologues, soulevant des interrogations sur sa capacité à faire une introspection.
Les réquisitions de la procureure ont été fermes : trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, avec exécution provisoire. Le tribunal a décidé de mettre sa délibération en attente, avec une décision attendue le 7 juillet prochain. Ce procès s’inscrit dans un contexte plus large, où, depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles, illustrant un phénomène « systémique », comme l’a souligné le nouveau maire Emmanuel Grégoire.
Ce procès marque une étape cruciale dans la lutte contre les violences sexuelles dans le périscolaire, un sujet qui suscite une préoccupation grandissante au sein de la société. Les débats à venir autour de cette affaire pourraient également ouvrir la voie à des réformes nécessaires pour protéger les enfants dans les établissements scolaires.