Réparation de motos : l’obligation d’utiliser des pièces d’occasion pour économiser

Depuis le 1er octobre 2024, la réglementation impose aux réparateurs de motos et scooters de proposer des pièces d’occasion lors des réparations. Cette initiative vise à diminuer l’impact environnemental de la réparation tout en offrant des solutions économiques aux consommateurs. Mais d’où proviennent réellement ces pièces ? Quelles garanties les accompagnent ? Et sont-elles véritablement avantageuses ? Cet article explore le circuit des pièces de réemploi, également appelées PRE.

EN BREF

  • À partir d’octobre 2024, les réparateurs de motos doivent offrir des pièces d’occasion.
  • Les pièces proviennent principalement de véhicules hors d’usage et sont testées avant vente.
  • Moins de 2 % des réparations de motos et scooters intègrent des pièces de réemploi en 2024.

Les pièces de réemploi, qui représentent une alternative économique, sont principalement issues d’entreprises spécialisées. Ces dernières, anciennement connues sous le terme de « casses », sont officiellement désignées comme centres de traitement de véhicules hors d’usage (VHU). Pour pouvoir opérer, elles doivent être agréées par la préfecture et peuvent ainsi vendre leurs pièces détachées tant aux professionnels qu’aux particuliers.

Richard Mandrin, directeur général d’AcciMoto, l’un des principaux acteurs de ce marché, explique : « Notre principale source de pièces de réemploi est constituée de véhicules considérés comme économiquement irréparables par les experts en assurance. » Chaque année, AcciMoto traite environ 7 500 véhicules, fournissant ainsi un large éventail de pièces.

Des entreprises telles qu’AcciMoto, Surplus Motos et Bike Eco se sont spécialisées dans la fourniture de pièces de réemploi pour deux-roues. Richard Mandrin assure que « nous offrons un niveau de garanties élevé. Chaque pièce vendue est testée et vérifiée avant son stockage, puis à nouveau avant l’envoi, et est garantie comme le seraient des pièces neuves. »

Les centres de traitement peuvent également obtenir des labels de qualité, comme Qualicert recycleurs ou « recycleurs vertueux » de SRA (Sécurité et Réparation Automobile). Ces certifications permettent de garantir un traitement écologique des véhicules et un service client de qualité. Qualicert atteste d’un respect des normes environnementales, tandis que SRA évalue la quantité et la qualité des pièces de réemploi vendues, en se focalisant surtout sur les assureurs.

Malgré ces gages de sérieux, un certain scepticisme persiste, notamment parmi les propriétaires de marques haut de gamme. Dominique Tijou, responsable des labels à SRA, note que « les propriétaires de marques premium ont souvent une perception négative des pièces de réemploi et préfèrent utiliser uniquement des pièces neuves. »

Opter pour des pièces de réemploi peut cependant engendrer des économies significatives. Richard Mandrin souligne que « le coût moyen d’une pièce de réemploi est environ 50 % inférieur à celui d’une pièce neuve. » Par exemple, sur le site d’AcciMoto, une selle pour l’Orcal 125 SK01 est affichée à 45 €, alors qu’elle coûte 99,30 € en neuf. D’autres économies trouvent leur illustration dans le prix d’un réservoir pour la Honda CBR 500 R 2022, proposé à 139 € sur surplusmotos.com, contre 753,13 € chez le constructeur.

Cependant, toutes les pièces ne sont pas forcément disponibles pour chaque modèle de scooter ou moto. Dominique Tijou précise : « Dans le secteur des deux et trois-roues, il existe une grande variété de modèles et de versions, ce qui complique l’accès aux pièces de réemploi. » Les principales pièces d’occasion utilisées par les professionnels comprennent principalement les éléments d’habillage, les bulles, et les commandes.

Pour les propriétaires de motos, il est judicieux d’explorer les options de pièces de réemploi. Celles-ci peuvent être achetées directement dans des casses agréées ou via leurs sites internet. Si vous confiez votre véhicule à un garagiste, celui-ci doit vous proposer cette alternative. Malheureusement, selon la SRA, moins de 2 % des réparations de motos et scooters en 2024 ont intégré des pièces de réemploi, un chiffre bien inférieur à celui observé dans le secteur automobile.

Il est à noter que certains réparateurs ne respectent pas encore cette obligation. Lors de nos investigations, plusieurs garagistes spécialisés en deux-roues n’ont pas proposé de pièces d’occasion lorsque nous avons demandé le remplacement d’un rétroviseur. Au contraire, ces professionnels nous ont souvent orientés vers l’achat de pièces neuves ou ont avoué ne pas travailler avec des pièces de réemploi. Dans ce contexte, un rappel de la réglementation pourrait s’avérer nécessaire pour garantir le respect des nouvelles obligations.