La France est actuellement frappée par une vague de chaleur intense. Ce jeudi 28 mai, 17 départements sont placés en vigilance orange canicule. Malgré ces conditions climatiques extrêmes, les épreuves du bac professionnel ont débuté ce matin, sans report, ce qui suscite de vives inquiétudes parmi les élèves et les enseignants.
EN BREF
- 200 000 élèves de Terminales passent leurs épreuves de bac pro malgré la chaleur.
- Des salles d’examen à près de 30 degrés, avec peu d’équipements adaptés.
- Appels à réformer les horaires d’examen pour éviter les épreuves l’après-midi.
Près de 200 000 élèves de Terminales en France se retrouvent confrontés à des conditions d’examen difficiles. Les épreuves écrites du bac pro, qui ont commencé à 8 heures ce matin, se déroulent dans des établissements souvent mal équipés pour faire face à la chaleur. La température dans certaines salles d’examen frôle les 30 degrés, suscitant des préoccupations majeures pour la santé des candidats.
Nathan, un élève interrogé par RMC, exprime son malaise : « Même pendant les révisions, je transpire beaucoup et ça peut nous stresser. » Cette inquiétude est partagée par de nombreux élèves qui doivent composer sous des températures élevées. Les épreuves du bac général et technologique, prévues pour juin, se déroulent uniquement le matin, soulignant une inégalité de traitement entre les différentes filières.
Carole Zerbib, proviseure à Paris, évoque un incident préoccupant : « Déjà ce mercredi après-midi, une future candidate a fait un malaise dans l’établissement. Il faudra peut-être à l’avenir envisager que les épreuves du bac pro n’aient lieu que le matin. » Cette proposition soulève la question de l’organisation des examens en période de canicule.
Sophie Vénétitay, membre du syndicat des personnels de direction (SNPDEN), a mesuré les températures dans les salles d’examen. « C’était quasiment 30 degrés, malgré des rideaux fermés. Ce serait mieux si on avait des volets, des équipements plus adaptés que de simples rideaux, » souligne-t-elle. Installer de tels équipements coûterait cependant environ 10 000 euros, une somme que les établissements scolaires peinent à mobiliser.
Dans l’absence de solutions durables, les élèves doivent composer avec des bouteilles d’eau, des brumisateurs et quelques ventilateurs fournis par le lycée. Cette situation est dénoncée par Sophie Vénétitay : « C’est le grand bricolage dans l’Éducation nationale. On ne peut pas accepter ces conditions pour des élèves, avec des profs qui amènent leur propre ventilateur. Ce n’est pas sérieux de traverser une période de canicule comme ça. »
Maud, enseignante dans un lycée professionnel du Loiret, déplore également le traitement médiatique des épreuves du bac pro : « On en fait tout un pataquès quand c’est le début des épreuves du bac philo, mais pour le bac pro, c’est moins médiatisé. Les bacs pros sont souvent sous-estimés. » Ce constat d’inégalité de traitement suscite des frustrations dans le milieu éducatif.
La question de la sécurité des élèves face à la chaleur est primordiale. Le ministre de l’Éducation nationale a déclaré que la fermeture des établissements serait examinée au cas par cas, mais qu’une fermeture globale n’était pas envisagée. « Roland Garros a un protocole chaleur, mais l’Éducation nationale n’a pas grand-chose, » déplore Sophie Vénétitay, soulignant ainsi l’absence de mesures adaptées face à cette situation exceptionnelle.
En somme, cette année, les épreuves du bac pro se déroulent dans un contexte de chaleur extrême, mettant en lumière les lacunes d’un système éducatif mal préparé à faire face à des conditions climatiques difficiles. Les élèves, déjà soumis à une pression énorme, doivent composer avec une situation qui semble inacceptable.