Le tribunal correctionnel de Nanterre a rendu son verdict ce jeudi 28 mai, condamnant Patrick Balkany à une peine de 15 mois d’emprisonnement ferme dans le cadre de deux affaires distinctes de détournement de fonds publics. À 77 ans, l’ancien maire de Levallois-Perret n’était pas présent lors de la délibération, en raison d’une hospitalisation, selon son avocat, Me Robin Binsard.
EN BREF
- Patrick Balkany condamné à 15 mois de prison ferme et 3 ans supplémentaires.
- Amende de 850 000 euros et dix ans d’inéligibilité.
- Pas de mandat de dépôt en raison de son âge.
La décision du tribunal, qui inclut également des amendes de 350 000 et 500 000 euros, ainsi que dix ans d’inéligibilité, a été motivée par la gravité des faits. La présidente du tribunal, Céline Ballerini, a souligné que les infractions commises par Balkany ne peuvent être qualifiées de « dérisoires », en réponse à la défense de l’intéressé qui tentait de minimiser ses actes.
Dans la première affaire, l’ex-maire a été jugé pour avoir utilisé les fonds d’une association subventionnée par la ville, la Codeeil, pour verser un complément de salaire à son ancien directeur du développement économique, décédé en 2020. Le tribunal a considéré que cette manœuvre constituait un détournement flagrant des ressources publiques.
Dans le second volet, jugé sur trois jours, Patrick Balkany a été reconnu coupable d’avoir détourné des policiers municipaux à des tâches personnelles, comme chauffeurs privés. Le procureur a décrit Balkany comme un « démiurge omnipotent », accusant l’ancien élu de transformer des agents de police en « larbins » et « hommes à tout faire » pour poursuivre ses propres intérêts.
Me Robin Binsard, qui défend Balkany, a annoncé son intention de faire appel de cette décision, précisant que son client ne sera pas incarcéré immédiatement. Ce dernier reste libre en attendant la procédure d’appel.
La présidente Ballerini a également regretté le manque de changement dans le discours de Balkany, malgré ses condamnations passées, affirmant que l’ancien maire a conservé une attitude inchangée lors des audiences. Cette remarque souligne une certaine impunité qui semble entourer certains élus, remettant en question la confiance du public envers les institutions.
Patrick Balkany a un long passé judiciaire, ayant déjà été condamné dans d’autres affaires, notamment en 2023, avec son épouse Isabelle, pour dissimulation de 13 millions d’euros au fisc. En avril dernier, la cour d’appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle pour les 15 mois de prison qui lui restent à purger dans ce dossier. Il a déjà purgé plusieurs mois de détention, notamment entre 2019 et 2020, puis à nouveau en 2022.
Cette nouvelle condamnation s’inscrit dans un contexte où la question de la transparence et de l’intégrité des élus est plus que jamais d’actualité. Les citoyens s’interrogent sur les mécanismes de contrôle qui devraient exister pour éviter de tels abus de pouvoir et garantir une gestion éthique des fonds publics.