Asnières : le maire impose des amendes aux familles pour vandalisme sur les bouches à incendie

À Asnières, dans les Hauts-de-Seine, une initiative inédite a été mise en place par le maire Manuel Aeschliman pour contrer le vandalisme des bouches à incendie. Cette décision fait suite à l’ouverture illégale d’une borne par deux jeunes, entraînant la perte de 80 m³ d’eau en seulement 40 minutes. En période de canicule, ces actes sont non seulement dangereux, mais également coûteux pour la collectivité.

EN BREF

  • Le maire d’Asnières facture les familles pour le vandalisme des bouches à incendie.
  • Deux jeunes de 13 et 14 ans ont été interpellés après avoir ouvert une borne.
  • Cette mesure vise à dissuader d’autres actes similaires et à responsabiliser les familles.

Le week-end de la Pentecôte, des jeunes ont ouvert une borne à incendie, un acte qualifié de « street pooling ». Grâce aux caméras de vidéoprotection, les deux adolescents ont été identifiés. Le maire a jugé nécessaire de faire porter la responsabilité financière aux familles des délinquants, estimant que ces actes nuisent à l’ensemble de la communauté. « On a déjà mis en place ce type de mesures en 2017, et cela avait porté ses fruits », a-t-il déclaré sur les ondes de RMC.

Manuel Aeschliman, élu local et membre des Républicains, a précisé que la facture pour les familles serait calculée en fonction de la quantité d’eau perdue et des frais de remise en état. « Nous ne sommes pas l’autorité judiciaire, mais ce que nous demandons, c’est le remboursement des frais engendrés par ces actes », a-t-il ajouté. La situation est d’autant plus préoccupante qu’une telle perte d’eau peut avoir des conséquences sur la sécurité des immeubles voisins, notamment en cas de dégâts sur les systèmes électriques.

Les familles recevront un titre de paiement et, en l’absence de réponse favorable, des mesures de recouvrement forcé pourraient être mises en place, allant jusqu’à des saisies sur salaire ou des comptes bancaires. « Il est essentiel d’envoyer un message clair : il y a une tolérance zéro face au vandalisme », a insisté le maire, soulignant que cette approche doit servir d’exemple pour dissuader d’autres comportements similaires.

Ce type de vandalisme est passible de lourdes sanctions, allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Bien que certains jugent ces peines disproportionnées, Aeschliman considère que la responsabilisation financière des familles pourrait s’avérer plus efficace que de recourir exclusivement à des sanctions pénales. « Nous devons faire respecter l’ordre public et dissuader les actes irresponsables », a-t-il affirmé.

L’éducateur Abel Boyi, qui a été proche du cabinet du maire, a soutenu cette démarche, la qualifiant de nécessaire face à un laxisme croissant. « Cela met une pression sur les parents et rappelle que ce comportement ne doit pas être pris à la légère », a-t-il commenté. En conclusion, cette initiative à Asnières marque une volonté claire des élus de s’attaquer au vandalisme et de préserver les biens communs, tout en responsabilisant les familles des jeunes fautifs.