Les discussions entre les États-Unis et l’Iran semblent piétiner, laissant place à un flou inquiétant quant à l’avenir des relations entre les deux pays. Ce vendredi, Donald Trump était censé prendre une « décision finale » sur une éventuelle prolongation de la trêve de 60 jours avec Téhéran, mais la réunion de deux heures n’a pas abouti à une annonce concrète.
EN BREF
- Aucune avancée notable dans les négociations entre Washington et Téhéran.
- Les États-Unis augmentent la pression sur l’Iran, menaçant de reprendre les hostilités.
- L’Iran réclame la libération de fonds gelés et une cessation des combats au Liban.
Dans un contexte de tensions croissantes, les États-Unis ont affirmé qu’un accord de paix ne serait envisageable que si leurs « lignes rouges » étaient respectées. Cette déclaration intervient après les affrontements les plus graves depuis l’instauration de la trêve le 8 avril, exacerbant l’incertitude qui entoure les négociations.
Donald Trump a énoncé plusieurs exigences sur les réseaux sociaux avant la réunion, notamment l’interdiction pour l’Iran de posséder des armes nucléaires et l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Il a insisté sur le fait que le stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran devait être « DÉTRUIT » pour qu’un accord soit envisageable.
Dans la soirée, un responsable de la Maison Blanche a précisé que « le président Trump ne signera un accord que s’il est bénéfique pour les États-Unis ». Il a réaffirmé que l’Iran ne devait pas acquérir d’armes nucléaires, ce qui a été corroboré par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, qui a déclaré que les échanges se poursuivaient mais qu’aucun accord final n’était en vue.
Ce dernier a également souligné la nécessité de « déminer » le détroit d’Ormuz, un point stratégique pour le passage maritime, et a rejeté toute discussion sur la question nucléaire à ce stade. Les tensions s’intensifient alors que la situation au Liban, où le Hezbollah affronte Israël, complique encore davantage le paysage diplomatique.
Parmi les préoccupations iraniennes figure le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger, avec l’espoir d’un versement initial lors de l’accord. Cependant, Trump a clairement indiqué qu’aucun échange monétaire ne serait envisagé pour le moment.
Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que les États-Unis étaient « totalement capables » de reprendre des actions militaires contre l’Iran si cela devenait nécessaire. Cette déclaration a été faite lors du Dialogue de Shangri-La à Singapour, où il a évoqué les capacités militaires américaines adaptées pour faire face à cette éventualité.
Du côté iranien, la demande d’un cessez-le-feu sur tous les fronts, en particulier au Liban, reste pressante. La trêve en cours, instaurée le 17 avril, n’a pas été respectée, et les frappes israéliennes continuent de causer des pertes humaines significatives, avec plus de 3 355 personnes tuées depuis le début des hostilités en mars.
Le président libanais, Joseph Aoun, a insisté sur l’importance d’un arrêt des combats avant toute avancée diplomatique. Pendant ce temps, les citoyens iraniens suivent ces négociations avec une certaine désillusion. « Les deux camps tiennent des propos destinés à satisfaire leurs partisans. Il est difficile de savoir qui dit la vérité », a déclaré Ali, un Iranien de 49 ans.
La guerre au Moyen-Orient, qui a commencé le 28 février avec une offensive israélo-américaine contre l’Iran, a déjà causé des milliers de morts et a des répercussions économiques mondiales, avec une flambée des prix du pétrole. Malgré cela, les marchés semblent parier sur la possibilité d’un accord, les prix du brut étant au plus bas depuis un mois.
À l’heure actuelle, l’avenir des négociations entre les États-Unis et l’Iran demeure incertain, laissant planer le doute sur la capacité des deux nations à parvenir à une résolution pacifique de leurs différends.