Ce dimanche 31 mai, l’Agence internationale de lâĂ©nergie atomique (AIEA) a exprimĂ© sa prĂ©occupation suite Ă une attaque par drone sur la centrale nuclĂ©aire de Zaporijia, la plus vaste dâEurope. OccupĂ©e par la Russie depuis mars 2022, cette centrale est situĂ©e dans le sud de lâUkraine, le long d’une ligne de front naturelle entre les forces ukrainiennes et russes.
EN BREF
- Un drone a frappé un bùtiment de la centrale de Zaporijia, causant des dommages.
- L’AIEA met en garde contre les dangers d’attaques sur des sites nuclĂ©aires.
- Les autorités ukrainiennes rejettent les accusations de Rosatom concernant une attaque délibérée.
Selon un communiquĂ© de lâAIEA, lâattaque a eu lieu dans la journĂ©e, touchant un bĂątiment abritant une turbine et laissant un trou dans le mur. Rafael Grossi, le directeur gĂ©nĂ©ral de l’agence, a affirmĂ© que « des attaques de ce type sont inacceptables » et a insistĂ© sur le fait quâ« il ne devrait y avoir aucune attaque dâaucune sorte provenant de la centrale ou visant celle-ci ». Son avertissement souligne le risque de catastrophe nuclĂ©aire dans un contexte dĂ©jĂ tendu.
La centrale de Zaporijia, qui se trouve sur la rive sud du Dniepr, est un enjeu stratĂ©gique dans le conflit actuel. Depuis sa prise par les forces russes, Moscou et Kiev sâaccusent mutuellement dâexposer la centrale Ă des risques majeurs. Dans une dĂ©claration relayĂ©e par les mĂ©dias russes, le groupe nuclĂ©aire public Rosatom a directement accusĂ© l’armĂ©e ukrainienne d’avoir orchestrĂ© cette frappe, affirmant qu’un drone guidĂ© par un cĂąble Ă fibre optique ne pouvait pas ĂȘtre le fruit d’un accident.
AlexeĂŻ Likhatchev, le patron de Rosatom, a averti que cet incident pourrait avoir des rĂ©percussions bien au-delĂ des frontiĂšres de la Russie et de lâUkraine. Selon lui, la situation est devenue critique et nĂ©cessite une attention internationale immĂ©diate. « Aujourdâhui, nous nous sommes rapprochĂ©s dâun incident qui risque fort dâaffecter mĂȘme ceux qui vivent bien au-delĂ des frontiĂšres de la Russie et de lâUkraine », a-t-il dĂ©clarĂ©.
De son cĂŽtĂ©, le ministĂšre ukrainien des Affaires Ă©trangĂšres a qualifiĂ© ces accusations de « manque de logique ». Les autoritĂ©s ukrainiennes se demandent pourquoi elles frapperaient une centrale situĂ©e sur leur propre territoire, qu’elles cherchent Ă reprendre sous leur contrĂŽle. « Nous considĂ©rons ces dĂ©clarations comme une nouvelle opĂ©ration de dĂ©sinformation menĂ©e par lâĂtat occupant », a ajoutĂ© le ministĂšre.
Rosatom a prĂ©cisĂ© que la frappe a causĂ© une brĂšche dans le mur de la salle des machines, mais nâa pas endommagĂ© les Ă©quipements essentiels de la centrale. Le ministĂšre russe de la DĂ©fense a Ă©galement indiquĂ© que les dĂ©gĂąts se situaient à « 10 mĂštres de la salle du rĂ©acteur », minimisant ainsi les impacts potentiels sur la sĂ©curitĂ© de l’installation.
En dĂ©but dâaprĂšs-midi, les autoritĂ©s de la centrale ont rapportĂ© une nouvelle attaque, cette fois-ci sur l’atelier de transport, un site dĂ©jĂ visĂ© Ă plusieurs reprises ces derniers mois. Les informations indiquent que six bus et deux camions ont Ă©tĂ© dĂ©truits dans cette attaque, mais la centrale continue de « fonctionner normalement », assurant que sa sĂ©curitĂ© dâexploitation est « pleinement assurĂ©e ».
La situation Ă Zaporijia reste donc dĂ©licate, et la communautĂ© internationale suit de prĂšs ces Ă©vĂ©nements qui pourraient avoir des consĂ©quences tragiques. Les appels Ă la vigilance sont plus que jamais d’actualitĂ©, alors que les tensions entre Moscou et Kiev persistent, exacerbant les risques d’une catastrophe nuclĂ©aire dans la rĂ©gion.