Extension de l’opération israélienne au Liban : tensions croissantes malgré la trêve

Ce dimanche 31 mai, l’armée israélienne a annoncé une nouvelle extension de son opération terrestre au Liban, intensifiant ainsi une offensive déjà marquée par des échanges de tirs fréquents. Les forces israéliennes ont pris possession de la forteresse médiévale de Beaufort, un site emblématique, où le drapeau israélien flotte désormais, comme l’illustrent des images diffusées par l’AFP.

EN BREF

  • L’armée israélienne s’empare de la forteresse de Beaufort au Liban.
  • Le ministre français des Affaires étrangères appelle à une réunion d’urgence de l’ONU.
  • Les affrontements se poursuivent malgré une trêve théorique depuis avril.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a réagi en dénonçant une « politique de la terre brûlée » de la part d’Israël. Lors d’une déclaration au micro de BFMTV, il a qualifié d’« erreur majeure » les actions militaires israéliennes, affirmant que rien ne justifiait leur prolongation et que cela constituait une violation du droit international.

Les combats au Liban se multiplient, alors qu’une trêve est censée être en vigueur depuis le 17 avril. Cette trêve a été mise à mal par le Hezbollah, qui a déclenché les hostilités le 2 mars dernier en soutien à l’Iran, cible d’une campagne de bombardements israélo-américaine depuis le 28 février.

Prise de Beaufort et escalade militaire

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé la prise de la forteresse de Beaufort, affirmant que cette opération ouvre la voie à un avancement vers la région de Nabatiyé. Il a ajouté que « quarante-quatre ans après la bataille héroïque de Beaufort », les soldats israéliens avaient hissé à nouveau le drapeau israélien sur le site. Des images de l’AFP montrent les couleurs israéliennes flottant sur cette forteresse, tandis que des fumées s’élèvent des alentours, visés par des tirs d’artillerie.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a de son côté qualifié le sud du Liban de « zone de combat », indiquant que ses troupes avaient franchi le fleuve Litani, situé à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière. L’armée israélienne a lancé une offensive dans la région de Beaufort avec pour objectif de « neutraliser les menaces directes » pesant sur le nord d’Israël.

Réactions et conséquences humanitaires

Dans un discours télévisé, Nawaf Salam a critiqué la « politique de punition collective » d’Israël, soutenant que cette stratégie ne garantirait ni sécurité ni stabilité pour le pays. Malgré cela, il a plaidé pour une poursuite des négociations avec Israël, considérées comme « la voie la moins coûteuse » pour le Liban. Un nouveau round de pourparlers entre les deux pays est prévu les 2 et 3 juin à Washington.

Les autorités libanaises ont rapporté que depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont causé la mort de 3 371 personnes et entraîné plus d’un million de déplacés. Dans un communiqué, le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre ont dénoncé les « pratiques condamnables d’Israël » ainsi que la destruction systématique de logements et de sites historiques.

Enfin, l’arrêt des opérations militaires israéliennes au Liban est désormais l’une des conditions posées par l’Iran pour un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Cette situation soulève des interrogations quant à l’avenir des relations entre Israël et le Liban, alors que les tensions continuent de s’intensifier.