Les démocrates californiens peuvent respirer, du moins pour l’instant. À l’approche du scrutin du 2 juin, les électeurs de l’État progressiste de la côte ouest sont appelés à choisir parmi une multitude de candidats ceux qui s’affronteront pour devenir le prochain gouverneur. Au cœur de cette élection marquée par le chaos, un candidat se démarque : le démocrate Xavier Becerra, dont la montée fulgurante a surpris tous les observateurs.
EN BREF
- Xavier Becerra, ancien procureur général, émerge comme favori inattendu.
- Eric Swalwell, un autre candidat démocrate, a été contraint de se retirer suite à des accusations de harcèlement.
- Le système électoral californien favorise une compétition imprévisible entre candidats de différentes affiliations.
Pour saisir l’ampleur de cette remontée inattendue, il est essentiel de rappeler le cadre électoral californien. En 2011, une réforme a modifié le système d’élection des gouverneurs, instaurant un scrutin où tous les Californiens peuvent voter pour les candidats de leur choix, peu importe leur affiliation politique. Les deux premiers se qualifient pour l’élection générale en novembre, ce qui a introduit une dynamique inédite et potentiellement risquée pour les démocrates.
Ce processus a suscité des inquiétudes en avril dernier, lorsque le candidat démocrate Eric Swalwell a été acculé par des allégations de viol et de harcèlement sexuel, entraînant sa démission. Ce retournement a ouvert la porte à une vague de soutien pour les républicains, notamment pour Chad Bianco et Steve Hilton, qui ont commencé à dominer les sondages.
Cependant, l’émergence de Xavier Becerra, âgé de 68 ans, a pris tout le monde par surprise. Bien qu’il ait annoncé sa candidature en avril 2025, il était largement ignoré jusqu’à ce que les circonstances changent. Un sondage du Emerson College l’a positionné en quatrième place avec 10 % des voix, et un autre sondage de l’institut Evitarus a révélé un soutien croissant, le plaçant à 13 %. Sa popularité a continué de grimper, atteignant 28 % des voix dans les derniers sondages, le plaçant en tête des candidats.
Cette ascension peut être attribuée au report des voix des électeurs de Swalwell en sa faveur, ce qui illustre la nature volatile de cette campagne. Becerra, ancien élu à la Chambre des Représentants et ex-procureur général de Californie, a su capitaliser sur cette opportunité pour devenir le candidat à battre.
Toutefois, son parcours n’est pas sans embûches. Son principal rival, Tom Steyer, l’accuse de dépendre des financements de groupes pétroliers, lui attribuant le surnom de « Big Oil Becerra ». Becerra est également critiqué pour son bilan à la tête du ministère de la Santé, notamment en ce qui concerne la gestion de la pandémie de Covid-19 et la perte de trace de milliers d’enfants migrants.
Dans une récente interview, Becerra a affirmé que son expérience était un atout majeur : « La compétence c’est bien. Avoir de l’expérience, c’est sexy. » Il a souligné la nécessité de stabilité en période d’incertitude et a exprimé son intention de remporter l’élection de manière légitime, en opposition à ceux qui tentent d’acheter leur victoire.
À mesure que le scrutin approche, la compétition reste serrée. Tom Steyer, fort de sa fortune, continue de le talonner, tandis que Steve Hilton, soutenu par Donald Trump, reste une menace pour les démocrates. Si Becerra parvient à se qualifier pour le second tour, il pourrait avoir un avantage inestimable grâce au soutien traditionnel des électeurs démocrates en Californie. Cependant, un face-à-face avec Steyer pourrait s’avérer plus difficile, compte tenu de ses ressources financières.
Les poids lourds du parti, dont le gouverneur sortant Gavin Newsom, pourraient également être contraints de s’impliquer dans la campagne à mesure que les enjeux se précisent. Alors, qui s’affrontera lors du second tour en novembre ? L’élection californienne pourrait encore réserver des surprises, tant le paysage politique reste fluctuant.