Les soirées d’été, souvent rythmées par des apéritifs conviviaux, peuvent également s’accompagner d’une recrudescence des piqûres de moustiques. Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université Radboud met en lumière les raisons de cette attractivité accrue. En effet, vos choix de consommation peuvent avoir un impact significatif sur la manière dont ces insectes vous perçoivent.
EN BREF
- Une étude révèle que la consommation d’alcool et de cannabis augmente l’attrait des moustiques.
- Boire une bière augmente le risque de piqûres de 35 % dans les heures suivantes.
- Des mesures préventives comme l’utilisation de répulsifs sont conseillées lors d’événements festifs.
Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs ont observé 465 volontaires lors d’un festival musical. Ces derniers étaient invités à évaluer leur propre attractivité dans des cages d’exposition, tandis qu’un tableau de scores affichait les résultats en temps réel. Cette compétition originale a permis de valider plusieurs hypothèses sur les facteurs influençant l’attractivité humaine pour les moustiques.
Les résultats de l’étude sont frappants. Il a été constaté qu’une consommation modérée d’alcool, en l’occurrence une bière de 33 cl, augmente l’attrait des moustiques de 35 % dans les 12 heures qui suivent. De même, la consommation de cannabis a été associée à une hausse de 18 à 20 % des piqûres. Ce sont donc des substances courantes lors des soirées qui transforment les consommateurs en proies faciles.
Mais pourquoi une telle attractivité ? Lorsque l’éthanol est absorbé, il provoque une vasodilatation périphérique qui augmente la température de la peau. Cette chaleur émise attire les moustiques, qui sont particulièrement sensibles aux variations thermiques. Parallèlement, l’accélération du métabolisme entraîne une augmentation des rejets de dioxyde de carbone (CO2), un signal que les femelles peuvent détecter à près de 50 mètres.
En outre, ces substances altèrent la signature olfactive de l’individu. L’alcool et le cannabis modifient les composés volatils présents dans la sueur et le microbiote cutané, ce qui rend les consommateurs encore plus attractifs pour les moustiques. Ces insectes ne cherchent pas à s’enivrer, mais utilisent les sous-produits de la digestion humaine comme des repères chimiques.
Plusieurs éléments jouent un rôle dans le niveau de risque d’attirance pour les moustiques lors de soirées. En plus de la consommation d’alcool ou de cannabis, d’autres facteurs comme la transpiration, l’activité physique, le choix des vêtements et même la grossesse peuvent influencer la probabilité d’être piqué. Les femmes moustiques, étant les seules à piquer, s’orientent grâce à un mélange de chaleur corporelle, de CO2 et de molécules présentes dans la transpiration.
Face à cette réalité, il est conseillé d’adopter des mesures préventives. En cas de symptômes inexpliqués après une piqûre, il est recommandé de consulter un médecin. Lors d’événements festifs, l’application d’un répulsif cutané de type DEET peut aider à masquer les signaux olfactifs émis par le métabolisme, réduisant ainsi les risques d’attirance.
En somme, cette étude met en exergue l’importance de notre comportement et de notre consommation sur notre vulnérabilité face aux moustiques. Une prise de conscience qui pourrait bien changer nos habitudes lors des soirées estivales.