Près d’un an après la tenue de la Conférence des Nations unies sur l’océan à Nice, les inquiétudes s’intensifient parmi les commerçants du port. Restaurateurs, pêcheurs, professionnels du nautisme et entreprises maritimes sont toujours en attente des indemnisations promises par l’État, censées compenser les pertes considérables subies pendant cet événement international.
EN BREF
- Les commerçants niçois attendent toujours leurs indemnités un an après l’Unoc.
- Près de 100 dossiers d’indemnisation ont été déposés, mais aucun versement n’a été effectué.
- Les pertes financières des professionnels dépassent parfois les 100 000 euros.
La Conférence des Nations unies sur l’océan s’est tenue à Nice du 9 au 13 juin 2025, entraînant des restrictions notables qui ont conduit à des fermetures d’activités, affectant ainsi de nombreux acteurs économiques. Ces derniers estiment que les pertes, selon le type d’activité, varient de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Environ 100 dossiers d’indemnisation ont été soumis aux services de l’État. Bien que plusieurs professionnels aient reçu des confirmations de validation de leur dossier, aucun paiement n’a encore été effectué. Le 4 juin dernier, un communiqué de l’Union maritime des Alpes-Maritimes, de l’UMIH Nice Azur, de la FHRTNCA et de la Prud’homie de pêche de Nice a révélé ce manque de versement, ce qui suscite un sentiment d’inquiétude parmi les intéressés.
Yvan Besker, entrepreneur à la tête d’une base nautique sur le port de Nice, a partagé son expérience : le dernier échange avec la préfecture des Alpes-Maritimes date du 3 avril, où il lui avait été promis un versement dans les quatre à six semaines. Deux mois plus tard, il n’a toujours pas reçu les 28 000 euros qui lui sont dus. « Ce qui me rend fou, c’est qu’on n’est pas tenus au courant. On nous promet depuis neuf mois », a-t-il déclaré, visiblement exaspéré.
Ce chef d’entreprise a dû interrompre totalement son activité durant un mois et demi à cause de l’événement. « J’ai rien pu faire, fermeture totale. Et le problème, c’est qu’on est dans le rouge. Ça fait 40 ans que j’ai cette société, je n’ai jamais été à découvert de 40 000 euros, jamais », a-t-il ajouté, soulignant l’impact économique dévastateur de cette situation.
Cédric Ghiringhelli, un autre professionnel touché et concessionnaire de bateaux, a également exprimé son désarroi. Les pertes qu’il a subies dépassent les 100 000 euros, ce qui a mis son entreprise en grande difficulté. « On a été pris pour des dindons. Ce n’est plus possible. Ça met en péril de vieilles sociétés sur le port. Les banques ne vont plus suivre, il faut qu’on soit indemnisés », a-t-il alerté.
La préfecture des Alpes-Maritimes n’a pas répondu aux sollicitations concernant cette situation problématique. Selon M. Ghiringhelli, elle attend elle-même que l’État débloque les fonds nécessaires pour indemniser les professionnels concernés.
Les mois passent, mais pour de nombreux commerçants niçois, l’incertitude demeure palpable. Ils espèrent que des mesures concrètes seront rapidement mises en place pour compenser les pertes subies, et redonner un souffle à leurs activités affectées par cet événement international.