Le Relais annonce la fermeture de bornes de collecte et la suppression de 60 emplois

Le Relais, acteur incontournable de la collecte et du tri textile en France, a rĂ©cemment annoncĂ© une dĂ©cision qui pourrait avoir des rĂ©percussions significatives sur le secteur de la gestion des textiles usagĂ©s. En effet, le 9 juin 2026, l’organisation a dĂ©clarĂ© une rĂ©duction drastique de ses collectes, accompagnĂ©e de la suppression de 60 emplois d’insertion. Cette mesure a Ă©tĂ© justifiĂ©e par un Ă©quilibre Ă©conomique devenu « insoutenable ».

EN BREF

  • Le Relais rĂ©duit ses collectes en raison de difficultĂ©s Ă©conomiques.
  • 60 emplois d’insertion seront supprimĂ©s, impactant la filiĂšre.
  • Le contexte de la fast fashion fragilise le modĂšle Ă©conomique de la collecte.

Cette annonce intervient aprĂšs une pĂ©riode marquĂ©e par une dĂ©gradation continue des conditions Ă©conomiques liĂ©es Ă  la collecte, au tri et Ă  la valorisation des textiles. Le Relais, qui fait partie d’EmmaĂŒs France, a prĂ©cisĂ© que cette rĂ©organisation entraĂźnera la suppression d’environ 15 000 tonnes de collecte, ce qui reprĂ©sente un coup dur pour les initiatives de rĂ©emploi de textiles.

Dans son communiquĂ©, l’organisation a soulignĂ© que la situation actuelle Ă©tait exacerbĂ©e par l’afflux massif de vĂȘtements issus de la fast fashion. Cette Ă©volution du marchĂ© a provoquĂ© une augmentation des volumes de textiles collectĂ©s, tout en rĂ©duisant leur qualitĂ© moyenne. « L’explosion de la fast fashion a conduit Ă  une augmentation massive des volumes mis sur le marchĂ©, accompagnĂ©e d’une baisse continue de la qualitĂ© moyenne des textiles collectĂ©s », a-t-elle indiquĂ©.

Le coĂ»t de collecte de certains flux s’Ă©lĂšve Ă  environ 250 euros par tonne, alors que la valorisation peut descendre autour de 150 euros par tonne. Dans cette optique, continuer certaines collectes reviendrait Ă  mettre en pĂ©ril l’Ă©quilibre Ă©conomique de l’entreprise.

Le Relais a également mentionné que les coûts logistiques et énergétiques ont considérablement augmenté, aggravant encore la situation. « Les coûts de collecte, de transport et de commercialisation sont désormais supérieurs aux recettes générées, rendant ces opérations durablement déficitaires », a-t-il précisé.

Un nouveau cadre Ă  l’horizon

Face Ă  ces dĂ©fis, un nouveau cahier des charges pour la filiĂšre est actuellement en Ă©laboration et devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2027. Cette initiative vise Ă  redĂ©finir les modalitĂ©s de collecte et de valorisation des textiles, afin de s’adapter Ă  un marchĂ© en constante mutation.

En France, prĂšs de 900 000 tonnes de vĂȘtements, linge de maison et chaussures ont Ă©tĂ© mis sur le marchĂ© en 2024. Ce chiffre soulĂšve d’importants dĂ©fis en matiĂšre de gestion des dĂ©chets. Le ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la Transition Ă©cologique, Mathieu LefĂšvre, a rĂ©cemment estimĂ© que la « mode circulaire », qui valorise les textiles et chaussures usagĂ©s, pourrait gĂ©nĂ©rer un chiffre d’affaires de « plus de 30 milliards d’euros d’ici 2030 ». Ce modĂšle est perçu comme un levier de compĂ©titivitĂ© pour la France.

Les rĂ©percussions de cette annonce sur le secteur et sur les personnes qui bĂ©nĂ©ficiaient des emplois d’insertion sont encore incertaines. La fermeture de bornes de collecte pourrait Ă©galement influencer les habitudes de don des consommateurs, dĂ©jĂ  impactĂ©es par une tendance Ă  donner des vĂȘtements de moins en moins qualitatifs.

En somme, ce revirement brutal de la filiĂšre souligne les enjeux cruciaux de la collecte des textiles en France, Ă  l’heure oĂč l’urgence de la transition Ă©cologique s’affirme chaque jour davantage.