Le mercredi 10 juin 2026, lors d’une séance au Sénat, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé son intention de promulguer un décret visant à encadrer les classements sans suite pour les plaintes liées aux crimes sexuels sur mineurs. Cette décision fait suite à l’indignation suscitée par la mort tragique de la jeune Lyhanna, dont les circonstances ont mis en lumière des manquements dans le système judiciaire.
EN BREF
- Un décret sera pris pour motiver les classements sans suite pour crimes sexuels sur mineurs.
- Sébastien Lecornu a reconnu des dysfonctionnements dans l’affaire Lyhanna, sans l’attribuer à un manque de moyens.
- Des mesures supplémentaires incluent un alourdissement des peines pour les violeurs en série.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte où le gouvernement fait face à une pression croissante pour réformer le traitement des plaintes pour crimes sexuels, en particulier celles impliquant des enfants. Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité de rendre compte des décisions de classement sans suite, précisant que ce décret serait mis en place dans les « tout prochains jours ». Ce sujet a été soulevé par le sénateur Mathieu Darnaud, qui a exprimé le besoin urgent d’actions concrètes.
La mort de Lyhanna, âgée de 11 ans, a choqué l’opinion publique et relancé le débat sur les lacunes du système judiciaire français. Le principal suspect avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes, dont certaines avaient été classées sans suite, ce qui a suscité l’incompréhension et la colère des familles et des associations de défense des droits des enfants.
Le Premier ministre a également fait état d’une reconnaissance de « dysfonctionnements » dans le traitement de cette affaire, mais a précisé que ces problèmes ne découlaient pas d’un manque de ressources allouées à la justice. Il a ainsi mentionné qu’il n’existait pas de problème de moyens spécifique lié à cette affaire, bien qu’il ait admis que le sujet des ressources pour l’institution judiciaire devait être abordé.
En plus de ce décret, Lecornu a annoncé deux mesures supplémentaires lors d’une réunion avec plusieurs ministres : l’éventuelle aggravation des peines pour les violeurs en série, qui pourraient encourir des peines de réclusion à perpétuité, ainsi qu’une exigence pour que les enquêtes sur les crimes commis contre des enfants soient menées dans un délai maximal de trois mois.
Le président Emmanuel Macron a, pour sa part, défendu le budget de la justice, affirmant qu’il n’y avait pas de manque de moyens dans ce cas précis. Ces déclarations interviennent alors que le gouvernement s’efforce de renforcer la confiance du public envers ses institutions judiciaires, particulièrement dans les affaires sensibles touchant à la protection des mineurs.
Le Premier ministre a également fait savoir qu’il rencontrerait plusieurs députés du Parti socialiste pour discuter d’une proposition de loi globale sur les violences sexistes et sexuelles, soutenue par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Cette initiative vise à inscrire la problématique des violences sexuelles à l’agenda parlementaire, bien que les dispositions envisagées ne pourraient probablement pas avoir évité le drame de Lyhanna.
Alors que le pays se remet encore des conséquences de cette tragédie, la vigilance et l’engagement des autorités sont plus que jamais requis pour garantir la sécurité des enfants et la justice pour les victimes de crimes sexuels.